Pauline Adler, Docteure en Chimie organique

Pauline Adler a été formée à l’ENS de Cachan puis à l’Université Paris-Sud où elle est devenue docteure en chimie organique. Ses travaux de recherche ont notamment porté la restauration écologique des milieux naturels dégradés par l’extraction de métaux. Elle mêle ainsi chimie et environnement et propose des solutions durables et innovantes.

D'où je viens ?

Originaire de Rouen, j’y ai effectué toute ma scolarité, jusqu’aux classes préparatoires afin de préparer les concours d’entrée aux grandes écoles d’ingénieurs. Ingénieure : c’est ce que je voulais devenir, sans trop savoir ce à quoi cela correspondait à l’époque. Puis, j’ai rencontré des professeures de chimie extraordinaires qui m’ont donné le goût de l’enseignement. J’ai eu enfin un objectif plus précis pour mon avenir : devenir enseignante de chimie.

J’ai ainsi intégré l’école normale supérieure de Cachan où j’y ai obtenu l’agrégation de chimie. Dans la formation de l’école, nous sommes fortement formé·e·s à la recherche académique. Ainsi, j’ai poursuivi mon cursus avec un master de recherche en chimie organique à l’université Paris-Sud, dans la ville d’Orsay. J’y ai alors rencontré mon directeur de stage, qui est devenu mon directeur de thèse. Il m’a transmis sa passion de la recherche. Depuis, mon objectif de carrière a encore évolué : je veux devenir chercheuse, ou enseignante-chercheuse.

Ce qui m’anime dans la chimie ?

Le côté ludique et pratique de la chimie m’a accroché, notamment celui de la chimie organique. Déstructurer des molécules comme on joue au lego®, ça me plaisait. La manipulation au laboratoire aussi est fascinante : on suit le protocole comme on suit une recette de cuisine. Les couleurs et textures évoluent au fur et à mesure. Et ensuite vient le résultat : a-t-on bien manipulé ? la réaction chimique a-t-elle fonctionnée ? Si oui, que de joie et satisfaction. 

Le meilleur moment, selon moi, est l’étape de réflexion : mais pourquoi ai-je obtenu ce produit ? et là, on peut y passer des heures, des jours etc. pour essayer de proposer une explication, de trouver le pourquoi du comment. Un vrai puzzle, mais tellement passionnant et enthousiasmant !

Que fais-je en ce moment ?

Actuellement je travaille à l’université de Montpellier comme ATER (Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche). J’enseigne autant qu’une enseignante-chercheuse (ou maîtresse de conférences) et je travaille en parallèle au laboratoire de Chimie Bio-inspirée et d’Innovations Ecologiques (www.chimeco-lab.com). J’essaie d’y réconcilier chimie et écologie. Ces deux notions sont rarement associées tant la chimie a une mauvaise image. Cependant, nous montrons que nous sommes capables d’apporter des solutions durables à des problèmes écologiques tout en développant une chimie verte et respectueuse de l’environnement. Cela donne un sens directement applicable à mes recherches.

Quant à l’avenir ?

J’ai soutenu ma thèse en 2016. J’ai effectué un premier stage postdoctoral (CDD) en Autriche de 2 ans. Depuis octobre 2018, je suis attachée temporaire d’enseignement et de recherche (équivalent d’enseignante-chercheuse pour une à deux années universitaires maximum) à l’université de Montpellier. Mon objectif de devenir chercheuse m’oblige à enchaîner les CDD, et également à être mobile. C’est une situation compliquée et instable. J’ai des plans A, B, C, etc. au cas où je ne parvienne pas à stabiliser ma situation à la fin de mes contrats. C’est une tension permanente, qu’on accepte de subir car toutes ces expériences diverses sont tellement enrichissantes et passionnantes, qu’on s’accroche ! En espérant pouvoir continuer comme permanente dans un futur proche.

En conclusion ?

Ce travail est fantastique, vraiment. Il y a des moments difficiles, très intenses. Cependant, on garde la tête haute et on profite d’apprendre au maximum. De plus, mon cadre de vie et cercle d’amis me permettent de garder la pêche et de la motivation ! L’essentiel, c’est de s’amuser, de profiter.

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