Pollution numérique : quel est l’impact du numérique sur l’environnement ?

Savez-vous que chaque jour, vous générez de la pollution numérique ?

Le numérique fait partie intégrante de notre quotidien. Mais son utilisation, bien qu’aussi évidente qu’indispensable, n’est pas sans conséquence sur notre environnement.

Envoyer un mail, faire une recherche internet, visionner un film, échanger avec nos proches sur les réseaux sociaux, utiliser des objets connectés, etc. Toutes ces actions peuvent nous sembler complètement « immatérielles ». Pourtant, elles génèrent un coût énergétique important et participent de ce fait activement à l’émission de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. C’est ce que l’on appelle la pollution numérique, ou pollution digitale (certains parlent de « pollution internet », mais le terme est réducteur).

Dans cet article, nous vous proposons de découvrir les dessous cachés d’Internet et de mieux comprendre ce qu’est la pollution numérique. En étant des citoyens informés, vous serez en mesure d’adopter de nouvelles habitudes numériques moins polluantes, et donc plus respectueuses de l’environnement.

Pour ce faire, nous allons vous guider étape par étape au travers de cet article en :

Empreinte écologique ou environnementale et empreinte carbone, comment les définir ?

L’empreinte écologique (ou empreinte environnementale) et l’empreinte carbone constituent deux indicateurs couramment utilisés pour quantifier la pression exercée par les humains, au travers de leurs activités, sur les ressources naturelles de la Planète.

« L’empreinte écologique mesure la quantité de surface terrestre bioproductive nécessaire pour produire les biens et les services que nous consommons et absorber les déchets que nous produisons » (WWF, Fonds mondial pour la nature).

Cet outil développé par le Global Footprint Network permet de quantifier la durabilité de notre Planète par rapport aux comportements que nous adoptons. C’est grâce à celui-ci que nous pouvons, chaque année, constater l’avancement du jour du dépassement mondial. Cette date, qui était par exemple le 29 juillet en 2019 alors qu’elle avait lieu le 30 septembre en 1998, correspond au jour de l’année à partir duquel l’humanité a consommé/dépensé l’intégralité des ressources que la Terre peut régénérer en un an. En d’autres termes, il s’agit du jour à partir duquel l’humanité vit à crédit sur les ressources de la Terre.

Petit fait notable : le jour du dépassement connait cette année un renversement historique puisqu’il recule de plus de 3 semaines en raison des mesures de confinement qui ont été mises en place à l’échelle mondiale pour faire face à la pandémie de Covid-19 (Global Footprint Network, 2020) !

Jour du dépassement mondial de 1970 à 2020

L’empreinte carbone constitue quant à elle la composante principale de l’empreinte écologique. Elle représente la quantité de gaz à effet de serre produite chaque année par l’humanité par rapport à la capacité des écosystèmes à absorber ces mêmes gaz.

Il existe de nombreux gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) ou bien encore le protoxyde d’azote (N2O). Le dioxyde de carbone constitue le gaz à effet de serre le plus produit par nos activités anthropiques. Ainsi, pour simplifier le discours et permettre l’utilisation d’une unité universelle et donc la comparaison des différentes sources d’émission, les quantités de gaz à effet de serre produites sont exprimées en tonne équivalent carbone (tC02eq). C’est pourquoi nous utilisons le terme d’« empreinte carbone ».

Tout au long de cet article, nous discuterons de l’empreinte carbone de nos pratiques digitales. Bien que les impacts du numérique et des nouvelles technologies sur l’environnement ne se cantonnent pas à l’émission de gaz à effet de serre, il s’agit à l’heure actuelle de la mesure la plus documentée. De plus, l’empreinte carbone, qui comme nous l’avons dit constitue la composante principale de l’empreinte écologique, fournit un estimateur très représentatif de l’impact environnemental général de nos pratiques.

Qu’est-ce que la pollution numérique (ou pollution digitale) ?

La pollution numérique désigne l’impact des équipements numériques sur l’environnement au travers de leur production, fonctionnement et utilisation.

Ainsi, la pollution numérique, ou pollution digitale, comprend l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées par le réseau Internet, allant de la création à la fin de vie des objets numériques tels que les ordinateurs et smartphones, en passant par leur utilisation (transport et stockage des données, fabrication et entretien de l’infrastructure du réseau).

Le cycle de la vie des objets numériques

Sur la base du « cycle de vie » d’un objet numérique, trois sources principales de pollution digitale peuvent être identifiées et classées selon leur impact environnemental, en d’autres mots, selon le niveau de pollution numérique qu’elles génèrent :

  • la fabrication des équipements numériques qui nécessite l’extraction et l’utilisation d’une quantité très importante de matières premières ;
  • l’utilisation de ces objets numériques au travers des pratiques digitales des utilisateurs (réseaux sociaux, envoi et stockage de mails et de données, streaming audio et vidéo, …) ;
  • les déchets numériques (pas moins de 55 millions de tonnes de déchets numériques ont été produits dans le monde en 2018 et envoyés dans des décharges d’enfouissement ou d’incinération (Cleanfox)).
Le saviez-vous ? Matièress premières des objets numériques

Pour prendre pleinement conscience de l’importance du numérique dans nos vies, et surtout de l’impact de ces nouvelles technologies sur l’environnement, il faut se pencher du côté des chiffres.

D’après une étude publiée par GreenIT dans le cadre du Shift Project, on dénombre en 2019 plus de 34 milliards d’équipements numériques (ordinateurs, tablettes, smartphones, objets connectés) dans le monde pour seulement 4,1 milliards d’utilisateurs. Un utilisateur possède donc en moyenne 8 équipements numériques !

Chaque année, la production, l’utilisation, la valorisation et le traitement de ces équipements numériques sont responsables de l’émission de 1400 millions de tonnes de gaz à effet de serre, ce qui représente pas moins de 3,8% des émissions à l’échelle du globe (GreenIT, The Shift Project).

Les data centers, dont nous parlerons plus en détails dans la partie suivante, sont à eux seuls responsables de 2% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Avec de telles valeurs, la pollution numérique surpasse l’empreinte carbone du transport aérien de 1,5 fois (GreenIT, The Shift Project) !

Et ce n’est pas tout. Si l’on se réfère à l’étude publiée par la Global e-Sustainability Initiative en 2015, si Internet était un pays, il serait le 6ème plus gros consommateur mondial d’électricité ! Avec une consommation de 1420 TWh, 5,5% de la consommation mondiale d’électricité est en effet imputable au numérique (GreenIT, The Shift Project).

Rapporté à des usages de la vie courante, le numérique consomme par exemple autant d’électricité que 82 millions de radiateurs électriques de 1000W allumés en permanence pendant une année. Cette omniprésence du numérique dans nos quotidiens est également responsable de la consommation d’une quantité importante (pour ne pas dire gargantuesque) d’eau. En effet, 0,2% des ressources mondiales en eau, soit 7,8 millions de m3 d’eau douce, sont utilisées pour le numérique (GreenIT, The Shift Project). Ce chiffre peut, à première vue, sembler « petit ». Mais détrompez-vous ! La consommation annuelle en eau du numérique représente pas moins de 3,6 milliards de douches ou bien encore 2178 milliards de bouteilles d’eau minérale !!!

L'empreinte écologique du numérique

L’objectif de cet article n’est pas de vous noyer sous une quantité astronomique de nombres effarants (et effrayants) concernant la pollution numérique, mais de vous permettre de mieux comprendre ses origines et son fonctionnement. Pour ce faire, nous allons nous concentrer dans la suite de cet article sur nos pratiques digitales (e.g. streaming vidéo, mails, etc).

« La pollution est l’ombre du progrès »

Sylvain Tesson

Data center et pollution : que sont les data centers et hébergeurs ? Pourquoi polluent-ils ?  

Les data centers désignent les lieux physiques (bâtiments) dans lesquels sont regroupés des milliers de serveurs informatiques. Ces serveurs, ou hébergeurs, qui consistent en une série d’ordinateurs mis en réseau, servent au stockage et au traitement des données numériques.

Ces data centers et hébergeurs nécessitent pour fonctionner une quantité importante et croissante d’électricité et sont de ce fait responsables d’une part considérable de la pollution numérique.  

Envoi d’un message sur Whatsapp, réception d’un mail avec ou sans pièce jointe, photos postées sur Facebook ou Instagram, consultation d’un site web, …. Toutes ces pratiques digitales quotidiennes qui peuvent sembler complètement virtuelles et immatérielles reposent en réalité sur le stockage et le traitement de données numériques au sein des data centers.

À l’échelle mondiale, ce ne sont pas moins de 100 heures de vidéo qui sont déposées chaque minute sur le réseau Internet, 2 millions de recherches qui sont faites sur Google, ou bien encore 16 millions de mails qui sont envoyés (Cleanfox). L’ensemble de ces données numériques est pris en charge par plus de 4000 data centers situés dans 118 pays, dont 180 en France.  

Ainsi, ce sont par exemple près de 10% de la consommation électrique de la France qui sont imputables au fonctionnement des data centers présents sur l’hexagone.

Ces data centers, qui n’ont jamais été autant plébiscités que depuis l’avènement du « Cloud », s’avèrent être aussi indispensables au fonctionnement du réseau Internet que polluants. En effet, pour fonctionner, ils doivent être alimentés en électricité de façon continue, et ont également besoin d’être refroidis. Le rassemblement et le traitement d’une telle quantité de données numériques et à un rythme aussi soutenu entraineraient, sans un système de refroidissement adéquat, une surchauffe des serveurs qui conduirait à leur destruction.

Les data centers sont donc, du fait de cette double consommation énergétique nécessaire à leur bon fonctionnement, de gros pollueurs ! Il nous semble cependant important de rappeler que notre utilisation croissante du numérique est la principale responsable de l’impact de ces nouvelles technologies sur l’environnement. Au travers de notre consommation toujours plus importante et irréfléchie du réseau Internet, nous créons ce besoin de disposer de toujours plus de data centers et nous sommes donc cette dépense énergétique (irraisonnée et injustifiable) que nous savons néfaste pour l’environnement.

L’envoi de mails est-il synonyme de pollution numérique ? Empreinte carbone du mail

Comme toutes pratiques digitales, l’envoi de mail est source de pollution numérique puisqu’il a recours à l’utilisation non seulement d’équipements numériques tels que les ordinateurs ou smartphones, mais également d’hébergeurs et de data centers. Ainsi, cette démocratisation (à outrance) de l’usage des mails est synonyme de pollution grandissante et donc d’empreinte carbone (et écologique) conséquente(s).

L'envoi d'un mail, comment ça fonctionne fonctionne ?

Quel est l’empreinte carbone d’un mail ? Un mail émet en moyenne de 0,3 g (spam) à 50 g (mail avec une pièce jointe) de gaz à effet de serre (ADEME, Cleanfox). Ces chiffres, considérés individuellement, pourraient nous laisser croire que l’envoi de mails est sans conséquence sur l’environnement.

Hors, il faut savoir que plus de 10 milliards de mails sont échangés dans le monde en l’espace d’une heure (ADEME, Cleanfox). Ainsi, notre utilisation inconsidérée du mail génère chaque jour autant de gaz à effet de serre que 96 000 allers - retours Paris – New York en avion ! Un sacré impact écologique pour de simples mails !

Si l’on regarde ces chiffres d’un peu plus près, on s’aperçoit que près de 70% des mails reçus sont des spams, ou bien encore qu’un Français reçoit en moyenne 936 newsletters (Cleanfox) ! Une panacée de mails inutiles qui viennent saturer et polluer nos boites mails, et qui contribuent par la même occasion (puisqu’il faut bien les stocker eux aussi dans les data centers) à augmenter l’empreinte carbone et donc écologique de cette pratique digitale et donc du numérique de manière générale.

Empreinte carbone des mails

Une boite mail écolo et des ecomails pour réduire la pollution numérique

Face à ces chiffres, des options plus respectueuses de l’environnement ont vu le jour ces dernières années. C’est notamment le cas de l’Email Lilo, une boite mail ecolo, ou ecomail. En plus d’être un moteur de recherche éthique qui protège votre vie privée, Lilo.org permet l’éco-gestion de vos pièces jointes.

Pour ce faire, Lilo propose un téléchargement local de vos pièces jointes, à l’instar de WeTransfer, et vous avertit également lorsque des pièces jointes inutiles (non consultées par exemple) occupent votre boite mail. Ces pratiques permettent de diminuer considérablement le stockage ad vitam aeternam de données numériques dans les data centers et participent donc activement à la diminution de la pollution numérique générée par les mails.

Et pour aller plus loin, cette startup française reverse également la moitié de son chiffre d’affaires à des associations, ONG et fondations se prononçant en faveur de l’environnement.

« Toute votre activité en ligne a un impact écologique. Le stockage de ces milliers de mails que vous avez peut-être dans vos boîtes mail consomme de l’énergie. Donc si vous n’en avez pas besoin, débarrassez-vous-en ! »

Gary Cook, Spécialiste des Technologies du Numérique, Greenpeace (2016)

Vous voulez réduire l’empreinte carbone de votre boîte mail ? Passez à la boîte mail écolo, à l’écomail, testez Lilo !

Netflix, Youtube et la pollution… le streaming vidéo a-t-il un impact sur l’environnement ?

Et oui, malheureusement, Netflix, Youtube, et autres plateformes de Streaming contribuent à la pollution.

Le visionnage de vidéos en ligne est une activité très énergivore qui correspond à 60% des flux de données sur internet (Greenpeace). Ainsi, le streaming vidéo émet chaque année plus de 300 millions de tonnes de gaz à effet de serre, et se positionne en tête des habitudes digitales générant de la pollution numérique (Greenpeace).

Netflix, plateforme privilégiée pour le visionnage de vidéos dites « longues », représente à elle seule 34% des flux de données mondiales de la vidéo en ligne, contre 21 et 18% pour Youtube et les réseaux sociaux respectivement (Cleanfox) ! Rien que ça !

Le streaming vidéo, quel que soit son contenu (à la demande sur Netflix, vidéos courtes sur Youtube, sur les réseaux sociaux), est basé sur la consultation de fichiers « lourds ». À titre d’exemple, le film Pulp Fiction en Haute Définition sur Netflix « pèse » à lui seul 10 giga-octets, contre 50 kilo-octets pour un mail sans pièce jointe, soit 200 000 fois plus. On devine donc assez aisément que le stockage et le traitement au moment de leur visionnage de fichiers aussi « lourds » nécessitent le déploiement d’une quantité d’énergie très importante.  

GreenIT, toujours dans le cadre du Shift Project, a fourni une estimation de la pollution numérique générée par le visionnage de films et séries qui ont été particulièrement appréciés des utilisateurs de Netflix. Ainsi, chaque personne ayant regardé la série mondialement connue Game of Thrones a généré l’émission de 8,8 kg de CO2, soit l’équivalent de 130 km parcours avec une voiture citadine !

Empreinte carbone de nos films et séries préférées

Le visionnage de vidéos sur Youtube est quant à lui responsable de l’émission de 11,3 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année (Cleanfox) ! Ainsi, l’empreinte carbone de Youtube équivaut tous les ans à effectuer 2 millions de fois le tour du monde en avion ou bien à la pollution totale générée par une ville de près de 600 000 habitants tel que Glasgow.

Face à ces chiffres, il apparait évident et primordial de revoir notre façon de consommer les vidéos en ligne en optant pour une utilisation raisonnée (et non compulsive) de ces ressources.

Le saviez-vous ? Pollution numérique Netflix

Google, Apple, Facebook et Amazon sont-ils les champions toutes catégories de la pollution numérique ?

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) rassemblent des milliards d’utilisateurs qui génèrent, stockent, et utilisent des données numériques en permanence. Le nombre de serveurs et data centers nécessaires à la gestion des données rassemblées par ces géants de l’Internet les positionnent donc en tête du classement des pollueurs du numérique !

Avec plus de 3,5 milliards de recherches par jour et une moyenne de 47 000 réponses apportées par seconde, Google s’impose comme le plus grand pollueur du secteur du numérique.  Ce mastodonte est à lui seul responsable de pas moins de 40% de l’empreinte carbone de l’ensemble du réseau Internet (Cleanfox).

2,4 milliards de personnes sont adeptes de Facebook. Pour stocker et rendre visible à tout moment l’ensemble des contenus échangés par ses utilisateurs, ce géant doit lui aussi mobiliser une quantité impressionnante de serveurs et de data centers.

À eux deux, Facebook et Google sont par exemple responsables de 5% de la consommation électrique de l’état de Caroline du Nord aux États-Unis, état qui comptabilise plus de 10 millions d’habitants et s’étend sur près de 140 000 km2 (plus que la superficie de la Grèce donc). Cette électricité nécessaire au fonctionnement des data centers est principalement produite dans des centrales thermiques au charbon, qui participent à la destruction de surfaces entières des montagnes Appalaches durant la phase d’extraction du combustible.

Apple et Amazon ne dérogent malheureusement pas à la règle. Mobiliser, stocker et traiter autant de données numériques n’est pas sans impact sur l’environnement. L’alimentation en électricité et le refroidissement des data centers nécessaires au fonctionnement de ces géants du web sont sources de pollution et ont des conséquences écologiques importantes.

Mais des évolutions et améliorations sont possibles et ont d’ores et déjà été initiées, avec l’utilisation d’énergies 100% renouvelables pour l’alimentation des serveurs par exemple.

Google et Apple, ces deux mastodontes de la famille des GAFA, sont également pionniers dans l’utilisation de ce que l’on appelle les green data centers. Ces « data centers écologiques » (si on peut les appeler comme ça) sont installés dans des pays nordiques afin de permettre un usage limité des systèmes de climatisation qui sont très énergivores et donc polluants. Pour minimiser encore un peu plus le besoin en électricité de ces green data centers, leur localisation est également stratégique puisqu’ils sont situés à proximité de centrales électriques afin de limiter les pertes énergétiques pendant le transport (et les coûts liés à l’approvisionnement, et oui, l’électricité coûte cher !).

Sur la liste des bonnes nouvelles, nous pouvons également ajouter les engagements de Facebook et Apple à devenir neutre en carbone.

Facebook est ainsi parvenu à diviser son nombre de serveurs utilisés par deux grâce aux avancées technologiques. Par conséquence, ses émissions annuelles de gaz à effet de serre ont d’ores et déjà diminué de 60 000 tonnes !

Du côté d’Apple, des mesures de compensation de la pollution émise par la production et la commercialisation de ses produits au travers de projets de restauration de la savane au Kenya et des mangroves ont été évoquées. Il ne reste plus qu’à Google et Amazon de rejoindre le mouvement et de s’attaquer, sans demi-mesure, à la pollution numérique dont ils sont responsables.

Comment réduire la pollution numérique ?

Maîtriser le stockage et le voyage des données, utiliser un moteur de recherche écoresponsable et opter pour la sobriété numérique sont des solutions qui permettent de réduire considérablement la pollution digitale dont nous, utilisateurs, sommes responsables.

Limiter la quantité de données numériques que nous stockons, une première habitude de bonne pratique digitale indispensable pour diminuer la pollution numérique. Commencez donc par faire un grand nettoyage ! Supprimez tous les mails dont vous n’avez plus besoin (de vos boites de réception, d’envoi et aussi de vos corbeilles !), faites de même pour les photos, vidéos et autres données stockées sur vos réseaux sociaux, triez vos espaces de stockage en ligne de type Cloud, Google Drive, Dropbox, etc et désabonnez-vous des newsletters grâce à l’application web Cleanfox.

Maitrisez le voyage de vos données en ciblant les destinataires de vos mails par exemple, en optimisant la taille de fichiers que vous envoyez et en privilégiant des sites de dépôts temporaires comme Wetransfer plutôt que permanents comme les espaces de stockage (que nous avons pris soin de vider juste avant) de type Dropbox par exemple. Utilisez des moteurs de recherche alternatifs pour une navigation plus écologique et réduisez ainsi l’empreinte carbone de vos requêtes web. Ecosia, créé en 2009, agit pour la préservation des forêts en plantant un arbre à chaque nouvelle requête effectuée par un utilisateur. Lilo, en plus d’être un service de messagerie écoresponsable, est un moteur de recherche qui soutient financièrement des projets sociaux et environnementaux en leur reversant la moitié de son chiffre d’affaires. Et enfin Ecogine, un moteur de recherche « made in France » reverse une partie de ses bénéfices à des associations solidaires choisies par ses utilisateurs.

Des moteurs de recherche écoresponsables

Incitez votre entourage et vos contacts à adopter des pratiques digitales écoresponsables en utilisant une signature mail « écologique ». Sous votre nom par exemple, indiquez que vous utilisez le moteur de recherche Ecosia, ou bien que vous avez décidé de ne plus envoyer de pièce jointe par mail mais de les déposer uniquement dans des espaces de stockage temporaires.

Et enfin, optez pour la sobriété numérique. Cette pratique repose sur une utilisation raisonnée des ressources numériques adaptée aux limites des ressources naturelles et énergétiques planétaires. Il ne s’agit pas de supprimer le numérique de nos quotidiens, mais de repenser notre consommation de ce service en préférant son utilisation pour des besoins réels plutôt que récréatifs.

Pour découvrir de nombreuses autres pratiques digitales écoresponsables et écocitoyennes à adopter facilement, nous vous conseillons de consulter ce guide rédigé par l’ADEME.


Vous savez maintenant pourquoi notre utilisation du numérique est responsable d’autant de pollution et pouvez agir en conséquence. S’il y a un message à retenir à l’issu de la lecture de cet article, c’est que nous sommes nombreux ! Si notre utilisation déraisonnée de l’envoi des mails peut par exemple générer, à l’échelle mondiale, autant de pollution, l’inverse est également possible ! Des efforts collectifs pour tendre vers des pratiques digitales écoresponsables peuvent transformer le numérique en un allié de choix dans notre lutte contre le réchauffement climatique 🙂

Pour rappel... la pollution numérique en quelques chiffres

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur la pollution numérique, n’hésitez pas à consulter les ressources utilisées pour la rédaction de cet article :

« SMARTer2030 – ICT solutions for the 21st Century », Global e-Sustainability Initiative (2015)

« Clicking Clean: Who is winning the race to build a green internet? », GreenPeace (2017)

« La pollution numérique – Livre Blanc », Cleanfox (2018)

« La pollution numérique liée aux mails – Livre Blanc », Cleanfox (2019)

« La face cachée du numérique », ADEME (2019)

« Cette vidéo réchauffe le climat : merci de la regarder », The Shift Project – Green IT (2019)

« Climat : L’insoutenable usage de la vidéo en ligne », The Shift Project – GreenIT (2019)

« Lean ICT – Pour une sobriété numérique », The Shift Projet – GreenIT (2019)

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