Nous continuons notre exploration de la biodiversité ordinaire en allant à la rencontre du végétal et plus précisément des arbres. L’objectif de ce troisième guide naturaliste est de vous familiariser avec cette partie des organismes vivants. On l’oublie trop souvent mais le végétal est bel et bien vivant ! Il ne fait pas uniquement partie du décor ! 

Vous retrouverez tout d’abord des informations générales sur la biologie des arbres. En effet, ils sont loin de fonctionner comme nous et quelques présentations sont de rigueur.

Ensuite vous découvrirez la présentation de 12 espèces d’arbres fréquemment rencontrées en France afin d’apprécier encore plus vos prochaines balades en forêt. Comme toujours, vous pourrez télécharger les fiches d’identités correspondantes pour vous aider à reconnaître ces espèces sur le terrain.

Puis, nous vous dévoilerons comment une haie dans votre jardin peut représenter un atout pour la biodiversité. Enfin, nous changerons votre vision sur le bois mort. À la fin de cet article vous ne le considérerez plus comme un déchet mais comme une ressource !

Bonne lecture ! 

Biologie générale des arbres

Comme tous les organismes, les arbres ont un cycle de vie complexe et pour l’accomplir, l’évolution les a dotés de mécanismes incroyables ! Voyons-en quelques-uns ensemble. 

D’abord, les arbres boivent et mangent. Leur nutrition se fait de plusieurs manières : via les racines bien sûr, dont l’allongement et la ramification permettent à l’arbre de prospecter le sol pour en tirer le maximum de ressource. Ainsi, ils sont en capacité d’absorber l’eau et les élément minéraux contenus dans le sol. Ils utilisent aussi leurs feuilles pour se nourrir. Non, ils ne mangent pas de l’air. Mais ils « mangent » du soleil ! Ils utilisent en effet la photosynthèse pour produire des glucides.

La photosynthèse

Pour réaliser la photosynthèse, il faut de l’énergie solaire, du CO2 et de l’eau. Les arbres synthétisent alors des glucides qu’ils consomment et de l’oxygène qu’ils relâchent dans l’air. C’est pour cela que les arbres et forêts sont des puits de carbone ! Et sont essentiels à la régulation du climat. 

La photosynthèse se fait au sein des chloroplastes, des petites entités héritées des cyanobactéries présentes dans les cellules des arbres et qui contiennent de la chlorophylle (un pigment vert, qui rend donc les feuilles vertes). C’est la chlorophylle qui absorbe l’énergie lumineuse et permet la photosynthèse. 

Les ingrédients nécessaires à la photosynthèse proviennent de différents endroits. 

L’eau est absorbée au niveau des racines. L’absorption d’eau et des minéraux compose ce que l’on appelle la sève brute. Cette dernière circule, à la manière du sang chez nous, dans des vaisseaux (le xylème) et irrigue tout l’arbre, depuis les racines jusqu’aux feuilles, en passant par le tronc. Chez nous, c’est le cœur qui sert de pompe et qui fait circuler le sang. Chez les arbres, la sève brute monte des racines aux feuilles grâce à plusieurs mécanismes : 

Le CO2 est quant à lui absorbé au niveau des feuilles. En effet, les échanges gazeux chez les arbres (qui n’ont pas de poumons) s'effectuent en grande partie au niveau de ce que l’on appelle les stomates : des pores présents sur les feuilles. Une fois dans la plante, les gaz circulent par diffusion au travers des tissus grâce à des différences de pression. C’est comme ça que le CO2 nécessaire à la photosynthèse arrive jusqu’aux chloroplastes !

Via ces stomates, l’arbre absorbe également du dioxygène (O2) : il respire, comme tous les végétaux. Il consomme alors de l’O2 et rejette du CO2, comme nous. Cette respiration permet à l’arbre d’assurer la création de nouveaux tissus, grandir, se réparer... vivre.

Reproduction 

Arrivé à un certain âge, l’arbre va également être en mesure de se reproduire. Pour cela, il va fleurir : les fleurs contiennent les organes reproducteurs. Les pistils sont les organes femelles, ils contiennent les ovules. Les étamines sont les organes mâles et produisent le pollen. Selon les espèces, un même arbre va porter des fleurs mâles et femelles (espèces monoïques, comme le sapin) ou bien les fleurs mâles et femelles seront sur deux individus différents (espèces dioïques, par exemple le ginkgo). Les fleurs peuvent également être hermaphrodites : une seule fleur porte les organes mâles et femelles comme c’est le cas chez le merisier. 

Une fois les fleurs sorties, la fécondation peut avoir lieu. Pour cela, le pollen va devoir rencontrer les ovules. Certaines espèces sont autofécondes : le pollen et les ovules d’un même individu se rencontrent. Chez d’autres espèces, le pollen d’un autre arbre vient féconder les ovules d’un autre arbre. Pour faire voyager ce pollen, il y a plusieurs options : le vent (on parle d'anémogamie), les animaux (on parle de zoogamie) ou encore l’eau (hydrogamie). 

Les ovules fécondés vont ensuite produire des graines. Selon les espèces, ces graines vont être comprises au sein de fruits, ou non. 

Bon à savoir

Chez les végétaux, la dispersion et les flux de gènes sont assurés à la fois par les mouvements du pollen et des graines. Nous avons vu le cas d'une pollinisation par le vent, les insectes ou l'eau. Il existe des équivalents pour la dispersion des graines : on parle d'anémochorie, zoophobie, ou encore hydrochloride.. Certains arbres peuvent ainsi pitre politisés par les insectes et voir leurs graines dispersées par le vente : ils sont zoogames et anémocores !

Maintenant que l’on sait tout ça, apprenons-en plus sur les espèces que l’on peut observer en France ! 

Quels arbres sont communs en France ?

Le chêne pédonculé

Le chêne pédonculé ou Quercus robur L., 1753 (ici, “L., 1753” signifie que cette espèce a été décrite pour la première fois par Carl von Linné en 1753) est un arbre à feuillage caduc (il perd ses feuilles à l’automne) de la famille des Fagacées.

Les chênes sont des arbres très communs en France et en Europe et parmi les différentes espèces, le chêne pédonculé est le plus commun. 

Il est présent globalement partout en France et en Europe mais, sensible aux sécheresses, on ne le retrouve pas sur le pourtour Méditerranéen (Sud de la France et de l’Italie, grande majorité de l’Espagne et du Portugal). À l’Est, sa distribution va jusqu’à la Russie même si elle devient moins homogène dès lors que l’on arrive vers l’Ukraine et la Biélorussie. Il est également représenté uniquement au Sud des pays scandinaves. 

Le chêne pédonculé est gourmand en eau, il se plaît donc dans les endroits humides. Cela fait de lui un arbre particulièrement menacé par le réchauffement climatique. Il s'accommode d’une large variété de sols et peut se trouver aussi bien en forêts qu’en prairies. On ne le retrouvera par contre pas en montagne, sa répartition n’allant pas plus haut que 1300 m d’altitude. 

C’est un arbre imposant, à l’âge adulte il peut faire jusqu’à 35 m de haut et 25 m de large. Sa silhouette générale présente un houppier (les branches au sommet du tronc) irrégulier et une cime en dôme. Il est facilement reconnaissable avec ses feuilles d’un vert foncé et lobées. 

On le distingue du chêne sessile (qui lui ressemble beaucoup et avec lequel il cohabite régulièrement) grâce à plusieurs petites choses. Les lobes des feuilles de chêne pédonculé sont moins réguliers que ceux du chêne sessile, donnant à la feuille un aspect plus “cartoon”. Les feuilles du chêne pédonculé ont aussi des “oreillettes” (des tous petits lobes) à leurs bases, alors que les feuilles du chêne sessile n’en ont pas. Enfin, le pétiole (la tige qui porte la feuille) est long chez le chêne sessile mais très court chez le chêne pédonculé. 

Fleurs et fruits

La floraison se fait autour d’avril-mai, avant la feuillaison (c’est-à-dire que l’arbre n’a pas encore retrouvé les feuilles perdues à l’automne), et chaque arbre porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles (on parle d’espèce monoïque). Les jeunes chênes ne fleurissent pas, il faut attendre que l’arbre ait 50-60 ans pour l’observer en fleur. 

Les chênes ne fructifient pas tous les ans, plutôt tous les deux ou trois ans. Les fruits, que sont les glands, arrivent à maturité autour de septembre-octobre. Ils sont ovoïdes et portés par un long pédoncule (d’où le nom de “chêne pédonculé”). Une cupule hémisphérique (ce qui ressemble à un petit chapeau) recouvre le quart supérieur du gland. Le mode de dispersion de ces graines est en partie assuré par les animaux qui s’en nourrissent et déplacent ainsi les glands (geai des chênes, dont on vous parlait ici, mais aussi micromammifères comme les mulots [1], ou encore le sanglier). On parle de dispersion “zoochore”. 

Écologie du chêne

La plasticité écologique du chêne pédonculé (c’est-à-dire le fait qu’il s’accommode d’une grande variété d’habitats), particulièrement forte dans ses premières années de vie, en fait une espèce pionnière : c’est l’une des premières espèces d’arbre à s’implanter dans un écosystème “nouveau” (c’est à dire se restaurant après une perturbation ou changeant de caractéristiques, comme une prairie entretenue qui devient finalement abandonnée). 

Le chêne joue également un rôle écologique important puisque, qu’il soit vivant ou mort, il sert d’abri et de nourriture à de nombreuses espèces d’insectes (en effet, rappelez-vous dans le guide naturaliste sur les insectes, nous avons évoqué l’importance du bois mort !), d’oiseaux, de mammifères, mais aussi aux lichens, aux champignons et à d’autres végétaux.

Comme les autres espèces de chêne, le chêne pédonculé peut vivre très longtemps, de 600 à 1000 ans. 

LE SAVIEZ-VOUS ?

L'un des plus vieux chênes pédonculés connus en Europe se trouve en Allemagne. On estime qu'il a entre 600 et 1500 ans et il est prénommé Femeiche.

C’est l’une des espèces de chênes que l’on utilise beaucoup pour son bois, qui sert pour tout un tas de choses, comme la construction (charpentes, parquets, ébénisterie, escaliers...), la tonnellerie (tonneaux de vin et de cognac notamment), le chauffage ou encore la fabrication de papier. 

Le charme commun

Le charme, ou Carpinus betulus, est également l’un des arbres les plus communs en France. Il appartient à la famille des Bétulacées (comme les bouleaux ou encore les noisetiers). 

C’est un arbre que l’on retrouve dans toute l’Eurasie, jusqu’à la Russie à l’Est, dans les pays scandinaves au Nord et l’Iran au Sud. 

Le charme est souvent retrouvé en forêts avec d’autres essences comme le chêne (chênaie-charmaie) ou dans des forêts mixtes (c'est-à-dire, mélangeant des feuillus et des résineux). Il vit surtout en plaine. Il affectionne les zones de mi-ombre et les climats plutôt frais, c’est pourquoi il n’est pas ou peu présent dans le pourtour Méditerranéen. On ne le trouve pas non plus en montagne car sa distribution ne va pas au-delà de 1100 m d’altitude. 

Le charme a un feuillage caduc même si ses feuilles sont marcescentes (c’est à dire qu’une partie d’entre elles restent, sèches, sur l’arbre tout l’hiver). Ces feuilles mortes tombent juste avant l’apparition des nouvelles feuilles.

Il est plus petit que le chêne, puisqu’à l’âge adulte, il mesure “seulement” 20 m de haut. Il a une croissance très lente comparée à d’autres arbres. 

Le charme a une cime ronde ou ovoïde et des feuilles vertes ovales toutes dentées et gaufrées. C’est une espèce monoïque, on retrouve donc sur le même arbre des inflorescences mâles et femelles. Les fleurs mâles forment des “chatons” (inflorescence souple) qui pendent. Les fleurs femelles sont plus petites. 

Fleurs et fruits

Il fleurit et fructifie en avril-mai, juste après la feuillaison, tous les deux ans. Les fruits sont des akènes (des fruits secs, ne contenant qu’une seule graine) munis d’une bractée (pièce florale ressemblant à une feuille). Cette bractée trilobée joue le rôle d’ailette pour le fruit, qui est alors beaucoup plus facilement dispersé par le vent : on parle de dispersion anémochore. 

Il vit beaucoup moins vieux que le chêne puisque sa longévité n’excède pas 150 ans. 

LE SAVIEZ-VOUS ?

On confond souvent le charme et le hêtre car leurs feuilles se ressemblent. Cependant, les feuilles de charme sont dentées alors que celles du hêtre, non. De plus, les feuilles de hêtre sont poilues. Voici un moyen mnémotechnique de s'en souvenir : "le charme d'Adam c'est d'être à poils".

Son bois est blanc et très dur. Cela en fait un bois difficile à travailler et cassant. On l’utilise ainsi très peu en construction mais c’est un excellent bois de chauffage : il se consume lentement et fournit de bonnes braises. Dans l’ancien temps, on s’en servait beaucoup pour fabriquer les jougs des chars à bœufs (ces pièces de bois qui attèlent la charrue aux bœufs). Il est aussi utile en cuisine pour les planches à découper et billots de bouchers. On s’en sert aussi pour faire de la pâte à papier. 

Le pin maritime

Le pin maritime, ou Pinus pinaster, est un arbre de la famille des Pinacées. C’est un conifère (arbre dont les graines sont portées par une structure en forme de cône). C’est un résineux, il produit donc de la résine. 

Le pin maritime est une espèce originaire du bassin Méditerranéen (péninsule ibérique, Sud de la France, zones côtières de l’Europe de l’Est (Slovénie, Croatie, Grèce, Turquie…) et Nord de l’Afrique) et se retrouve aujourd’hui sur quasi tout le territoire Français (sauf dans le Grand-Est). 

Étant donné son origine biogéographique, on se doute que c'est un arbre qui aime le soleil et la chaleur. Il supporte bien la sécheresse mais pas les gelées. Il n’aime pas les sols calcaires mais se satisfait des sols pauvres et sablonneux. 

Le pin maritime adulte mesure entre 20 et 30 m de haut. Il arrive à maturité à l’âge de 40-50 ans. Les jeunes pins sont de forme conique mais les plus vieux sont plus dégarnis, ils ont un long tronc nu et un houppier dispersé, plutôt plat et étalé.  

Chez le pin maritime, comme chez les autres conifères, les feuilles sont modifiées en aiguilles qui mesurent 10-20 cm de long. Elles sont épaisses, rigides et groupées par deux. Comme beaucoup d’autres résineux (mais pas tous !), le pin maritime est un arbre à feuillage persistant : ses feuilles ne tombent pas à l’automne. 

Le pin maritime, comme de nombreux conifères, ne fait pas partie des plantes à fleurs. Il ne produit donc pas de véritables fleurs. À la place, il produit des cônes mâles qui vont donner le pollen et des cônes femelles qui abriteront les graines. C’est une espèce monoïque, l’arbre porte donc des cônes mâles et femelles. La floraison a lieu en avril-mai. Les cônes mâles sont très petits (2 cm) et produisent énormément de pollen jaune. Les cônes femelles sont quant à eux beaucoup plus grands (10-18 cm de long). Ils sont de forme oblongue et constitués d’écailles. 

Les graines se trouvent à la base des écailles et sont libérées lorsque ces dernières s’ouvrent. Elles sont petites (< 1 cm de long pour 3 mm de large) et munies d’une grande ailette (3 cm) qui leur permet d’être disséminées par le vent (anémochorie). Le pin maritime fructifie dès sa deuxième année de vie et vit jusqu’à 100 ans.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le pin maritime a été introduit dans les landes à la fin du 18ème siècle pour fixer les dunes du golfe de Gascogne. En effet, les racines des végétaux retiennent le sable contrent ainsi l'érosion.

C’est l’une des espèces d'arbres ayant un fort intérêt économique en France, surtout dans le Sud-Ouest (les fameux pins des Landes). Son bois est utilisé en construction (e.g. charpente) et en trituration (panneaux de bois recomposés, pâte à papier), mais son utilisation comme bois de chauffage est déconseillée. En effet, bois peu dense, il brûle très vite et a un faible pouvoir calorifique (peu de chaleur produite au prorata de la quantité de bois brûlé). De plus, il monte très haut en température ce qui peut représenter des risques pour les cheminées et poêles. Ses cônes et ses aiguilles constituent néanmoins de très bons allume-feux. Sa résine est quant à elle utilisée pour la fabrication de sirops, pastilles contre la toux et bonbons. 

L'érable plane

L’érable plane, ou Acer platanoides L. (pour Linné) est un arbre de la famille des Sapindacées (qui comprend également des espèces très exotiques comme le litchi !). C’est un feuillu au feuillage caduc. À l’automne, ses feuilles se teintent de jaune et rouge avant de tomber. 

C’est un arbre originaire d’Europe que l’on retrouve partout en Europe (de la Norvège à l’Espagne et la Russie) et en France sur tout le territoire. 

L’érable plane préfère les zones de mi-ombre et un climat assez humide. Dans le Sud de son aire de répartition, il a donc tendance à être retrouvé en basse et moyenne montagne (jusqu’à 1500 m d’altitude) alors qu’au Nord, il s’acclimate également bien en plaine. 

C’est un grand arbre pouvant mesurer jusqu’à 30 m de haut. Il a une forme plutôt en boule (houppier ovoïde) et est donc assez large à maturité (autour de 10 m). 

Ses feuilles sont grandes (15 cm), plates et palmées, et vertes foncées au-dessus alors que le dessous est plus clair. Elles ont 5 lobes pointus qui les font ressembler aux feuilles du platane, d’où son nom d’érable “plane” ou “platanoides”. 

L’érable vit relativement longtemps : jusqu’à 200 ans et présente un bois clair, assez dur, qui est très utilisé en menuiserie et ébénisterie ou comme bois de chauffage. 

Fleurs et fruits

Ses fleurs, qui apparaissent en avril-mai avant les feuilles, sont vert-jaunes, groupées en corymbes (c’est-à-dire que même si tous les pédoncules ne partent pas du même point, toutes les fleurs sont sur le même plan : les pédoncules ont des longueurs variables). Elles forment un petit bouquet. Ce sont des fleurs mellifères : elles produisent beaucoup de nectar et de pollen. L’arbre est alors tout couvert de jaune. 

Les fleurs deviennent ensuite des fruits qui sont des disamares (samare double, un samare étant un akène, c’est à dire un fruit sec ne contenant qu’une seule graine, comme nous l’avons vu plus haut) avec des ailes membraneuses, qui sont grandes, opposées l’une à l’autre et presque horizontales. Elles sont donc dispersées par le vent, c’est l’anémochorie. 

LE SAVIEZ-VOUS ?

L'érable plane n'est pas l'érable qui sert à faire le fameux sirop d'érable. En effet, ce dernier, originaire du Canada, est fabriqué à partir de la sève d'érable à sucre (Acer saccharum). L'érable européen est présent au canada a de rares endroits où il est une espèce invasive qui a des effets néfastes sur les érables à sucre.

Le châtaignier

Le châtaignier commun ou Castanea sativa appartient à la famille des Fagacées (tout comme le chêne pédonculé et le hêtre). C’est un arbre majestueux possédant un feuillage caduc. À l’âge adulte, son houppier a une forme ronde et large.

On le retrouve dans toute l’Europe méridionale et presque partout en France et en Corse. Il est très probablement originaire d’Europe du Sud et a été dispersé par les humains pour ses nombreux usages.

Le châtaignier apprécie les climats doux que l’on retrouve sur les pourtours méditerranéens. Il ne s'établit pas au-dessus de 1000 m d’altitude car il craint les gelées tardives. Cet arbre peut devenir très grand (25-35m) et se distingue par ses longues feuilles alternes (20 cm) légèrement dentées et se terminant en pointe. 

Le châtaignier fleurit entre juin et juillet. Les fleurs mâles et femelles sont présentes sur le même arbre. Pour éviter l'autofécondation, les fleurs mâles et femelles d’un même arbre ne sont pas matures en même temps. Ainsi la fécondation par un autre membre de l’espèce se fait grâce aux insectes et au vent (zoogamie et anémogamie). On peut récolter ses fruits à partir du mois d’octobre. Mais attention, les châtaignes sont dissimulées dans des bogues (enveloppes vertes et épineuses) qui peuvent piquer et dissuader les prédateurs de les consommer. 

Cette espèce d’arbre est aussi particulièrement remarquable pour sa longévité. En effet, les châtaigniers peuvent atteindre 500 voire 1000 ans. Un spécimen exceptionnel localisé en Sicile est même âgé d’environ 3000 ans !

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le bois du châtaignier a aussi été très utilisé en tant que vois de charpente. Son odeur prononcée permet de repousser les mouches. Ainsi, les araignées ne viennent pas tisser leurs toiles sur ces poutres qui n'abritent pas de proies intéressantes pour elles.

Au-delà des délicieuses châtaignes que nous mangeons à l’automne, cet arbre à croissance rapide est aussi très apprécié pour son bois (menuiserie et autrefois en tonnellerie). Grâce à ses fleurs mellifères, les abeilles peuvent produire du miel de châtaignier connu pour son goût intense et sa couleur brune. 

Le hêtre

Le hêtre commun Fagus sylvatica est aussi un membre de la famille des Fagacées. C’est un grand arbre qui peut atteindre les 40 m de hauteur et qui possède un feuillage caduc.

Le hêtre commun est présent dans une grande partie de l’Europe (jusqu’au Sud des pays scandinaves et jusqu’au Nord du Portugal). On le retrouve aussi sur le pourtour méditerranéen mais uniquement dans les hauteurs. Il affectionne particulièrement les climats tempérés humides de plaine et moyenne montagne et préfère les sols frais. 

L’allure générale du hêtre commun peut varier en fonction de l’habitat et de l’action humaine. En effet, s’il se développe en forêt il sera élancé avec un houppier fin. Au contraire, s'il s’établit isolément il aura tendance à être plus petit mais le houppier sera large avec des branches très étalées. Ses feuilles sont alternes, brillantes et ovales. Elles mesurent entre 6 et 10 cm de long. 

Cet arbre atteint sa maturité sexuelle à 40 ans, ainsi il ne fructifie pas avant. Sa floraison a lieu en avril-mai. Les fleurs mâles et femelles sont présentes sur le même rameau et se développent en même temps que les feuilles. Ces fleurs sont petites, formant des glomérules (amas denses de plusieurs fleurs), et peuvent passer inaperçues. 

S’il y a eu fécondation, alors la fructification aura lieu en août et septembre et produira un fruit appelé faine. Elles peuvent être consommées par les humains (en petite quantité) et sont très appréciées par la faune forestière comme les sangliers par exemple. 

Le hêtre vit en moyenne 150 ans et exceptionnellement peut atteindre les 400 ans.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le hêtre, comme de nombreuses plantes, vit en symbiose avec des champignons (on parle de champignon mycorhizien) qui protègent ses racines contre les bactéries et lui permettent d'améliorer sa croissance en lui apportant des éléments minéraux. Sans ces organismes fongiques, les hêtres ne peuvent pas se développer et vivre normalement.

Les humains utilisent le bois de hêtre dans l’ameublement mais surtout pour du bois de chauffage. Les faines ont aussi leur utilité, elles sont riches en matières grasses et donc peuvent être pressées pour en faire de l’huile comestible. Cette huile était aussi utilisée pour l’éclairage.

Le frêne

Le frêne commun ou Fraxinus excelsior est un grand arbre au feuillage caduc appartenant à la famille des Oléacées (comme le jasmin).  

Cette espèce est présente dans toute l’Europe jusqu’au Sud des pays scandinaves et au Nord du Portugal et de l’Espagne, ainsi que dans une partie de l’Asie. Il est aussi très présent en Angleterre et sur les pourtours de la mer noire. On ne le retrouve pas dans la région méditerranéenne car cette espèce est sensible à la sécheresse.

Il affectionne les terrains frais et humides comme le fond des vallées et peut vivre en montagne jusqu'à 1500 m d’altitude. 

Ce sont en général, de grands arbres pouvant atteindre les 45 m de hauteur. Les frênes sont d’allure élancée (étroits et allongés). Cette espèce est dioïque (un arbre est soit mâle, soit femelle) mais on rencontre parfois des individus monoïques. La floraison se déroule entre mars et avril, les feuilles apparaissent plus tard. Les feuilles de frêne sont grandes (entre 20 et 40 cm), vert foncé et opposées. Le frêne peut produire une grande quantité de pollen et générer des allergies. Après fécondation, les fleurs vont donner des fruits aplatis arborant une aile membraneuse allongée. Ce type de fruit, appelé samare, permet une dissémination efficace par le vent. Le hêtre peut vivre entre 150 et 200 ans.

Son bois peut être utilisé comme bois de chauffage mais aussi en tant que manche d’outils, d’armes ou pour des articles de sports (lances, arcs, avirons, skis) car il offre des propriétés mécaniques particulières : une très bonne résistance aux chocs et vibrations et une grande élasticité. Ses feuilles ont des propriétés médicinales reconnues scientifiquement. En effet, elles sont anti-inflammatoires et diurétiques.   

LE SAVIEZ-VOUS ?

Lorsqu'il fait chaud, les feuilles de frêne se retrouvent recouverts de miellat (liquide sucré et épais sécrété par des insectes après ingestion de la sève du frêne). Ce miellat peut être utilisé pour faire une boisson fermentée pétillante et faiblement alcoolisée appelée frênette !

L'épicéa

L’épicéa commun ou Picea Abies (ou encore Picea excelsa) est un arbre résineux de grande taille (pouvant dépasser les 50 m). 

On le retrouve principalement dans les montagnes de l’Ouest de l’Europe (Alpes, Jura, reliefs allemands, zone septentrionale), il est aussi très présent en Scandinavie. Il semblerait être originaire des Carpates roumaines. Si on le rencontre fréquemment dans le Massif Central, c’est parce qu’il y a été introduit pour des activités forestières.

L’épicéa commun apprécie les climats humides et supporte la sécheresse de l’air si le sol est frais. Il est très résistant au froid, on le retrouve même au nord du cercle polaire arctique où les gelées à -40°C ne sont pas rares. Il est présent jusqu’à 2000 m d’altitude.

Fleurs et fruits

Ce très grand conifère à l’allure élancée et conique possède des aiguilles pointues et vert foncé mesurant 1-2 cm. Elles vivent 5 à 7 ans et sont remplacées au fur et à mesure, conférant à l’épicéa un feuillage persistant. Il est fréquent de le confondre avec des « vrais » sapins. Un indice pour reconnaître un épicéa se trouve dans la couleur de son écorce rouge riche en résine, ce qui n’est pas le cas chez les sapins. De plus, ses cônes sont pendants contrairement aux sapins qui arborent des cônes dressés et plus arrondis. Cette espèce est monoïque : les cônes mâles et femelles sont présents chez chaque individu. Une fois atteint la maturité sexuelle (à 50 ans !) l’épicéa fructifie tous les deux à huit ans. 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Nos sapins de noël ne sont pas de vrais sapins. En réalité, ce sont souvent des épicéas car ils étaient considérés comme des arbres porteurs de vie dans la culture celte. Néanmoins, ils tendent à être remplacés par le sapin de Nordmann car celui-co perd ses aiguilles moins rapidement.

L’épicéa peut vivre entre 300 et 400 ans. Cet arbre est principalement utilisé pour son bois blanc, résistant et facile à manipuler. Pour cette raison, on le retrouve fréquemment dans les charpentes. Il possède aussi des bonnes qualités de résonance et est donc utilisé dans la confection de violons, tables d’harmonies ou encore tuyaux d’orgue. 

Le sapin blanc

Abies alba (ou Abies pectinata) est un conifère de la famille des Pinacées. C’est un arbre à feuilles persistantes, elles ne tombent donc pas à l’automne.

Très commun en Europe, il est l’un des principaux résineux dans tout l’étage montagnard. En France, on peut le trouver dans toutes les zones montagneuses telles les Alpes, le Jura, les Pyrénées, le Massif Central mais aussi en Bretagne ou en Normandie.

Le sapin blanc se rencontre très rarement isolé. Il est présent de 400 à 1800 m d’altitude et affectionne particulièrement les environnements où l’humidité de l’air est importante. Classiquement, il peuple l’ubac (versant des montagnes le moins ensoleillé, souvent orienté Nord).

C’est un très grand arbre qui aisément peut atteindre les 60 m. Il est reconnaissable par son port très droit et la couleur argentée de son tronc. La cime est d’abord droite et pointue chez les jeunes arbres puis devient plus arrondie en vieillissant jusqu’à donner une forme dite « en nid de cigogne » c’est-à-dire ovale et très étalée. Le tronc est lisse, gris-argenté et n’est craquelé que chez les vieux arbres. 

Les feuilles ou aiguilles sont plates et non piquantes. À la base du rameau, elles sont implantées tout autour de la tige avant de se placer sur deux rangées de part et d’autre comme les dents d’un peigne. Sur les rameaux proches de la cime, les aiguilles sont moins alignées et semblent plus en brosse.

Les branches et les plus petits rameaux sont placés horizontalement.

Fleurs et fruits

Les cônes femelles se développent sur les rameaux de l’année, près de la cime puis maturent pendant une année complète. Ils deviennent alors de grands cônes, cylindriques, dressés sur le dessus des rameaux. À l’automne ces cônes se désarticulent et laissent échapper les graines, sortent de grandes écailles ailées, qui tombent alors au sol.

Le sapin blanc ne commence à produire des cônes qu’à partir de 30 ou 40 ans et peut vivre plusieurs centaines d’années (jusqu’à 600 ans selon les hautes estimations).

LE SAVIEZ-VOUS ?

On confond souvent le sapin blanc et l'épicéa, deux résineux très présents en France. Pour les différencier : le sapin a les cônes qui se dressent à la verticale sur le dessus des rameaux comme des chandelles tandis que les cônes d'épicéa 'tombent' vers le bas. Les aiguilles de sapin sont plates alors que celles des épicéas ont une section plus ronde. Faites le test, si l'aiguille ne roule pas sous vos doigts, c'est un sapin !

Le saule blanc

Le saule blanc, Salix alba, est un arbre caduc de la famille des Salicacées. Il est le plus grand des saules (arbres du genre Salix) avec une taille maximale de 25 m.

On le trouve partout en France mais son aire de répartition couvre tout le Nord de l’Europe et de l’Asie. C’est une espèce pionnière, comme le chêne vu plus haut, (c’est-à-dire qu’elle est parmi les premières espèces à coloniser un milieu récemment apparu) qui peut vivre une centaine d’années.

Très commun, il peuple les environnements humides et frais et tout particulièrement les bords de rivières en basse altitude. Il est toutefois rare en forêt où la compétition pour la lumière lui est défavorable.

Le saule blanc a un port érigé droit avec des branches dressées. Les feuilles, caduques, font de 5 à 12 cm de long. Elles sont fines, étroites et en forme de lance légèrement dentelées. Elles sont recouvertes d’une fine couche de soies, plus importante sur la face inférieure, qui leur donne cette couleur légèrement blanche à argentée. 

Les fleurs apparaissent d’avril à mai. Le saule blanc est dioïque (les deux sexes sont présents en des organes différents sur le même arbre). Le saule produit ainsi des fleurs femelles et des fleurs mâles, groupées en chatons sur des rameaux aux feuilles courtes et non dentées. Les chatons mâles sont grêles et arqués et présentent de nombreuses petites fleurs. Les fleurs femelles, disposées sur des chatons plus courts, possèdent un seul ovaire qui se transformera, après fécondation, en capsule formée de deux valves qui libéreront les graines. Ces dernières sont dotées de nombreux poils blancs qui leur confèrent un aspect cotonneux.

Son tronc est court et massif. L’écorce du saule, assez claire, prend une teinte vert-grisâtre en vieillissant et des fissures apparaissent également.

LE SAVIEZ-VOUS ?

L'écorce du saule contient plusieurs composés chimiques d'intérêt pharmaceutique comme la salicyline qui est l'un des principes actifs de l'aspirine. Ainsi l'écorce de saule était utilisée en décoction depuis l'antiquité pour lutter contre la fièvre.

Les saules sont parfois taillés en « têtard », c’est-à-dire qu’ils sont étêtés et taillés régulièrement pour stimuler la pousse de jeunes branches. Ces branches très souples sont alors utilisées pour la vannerie (elles servent à la confection d’objets en osier comme des paniers). Le bois est également utilisé en menuiserie ou pour la sculpture car facile à travailler.

Le merisier

Le merisier, Prunus avium, aussi appelé cerisier sauvage ou cerisier des bois, est un arbre à feuillage caduc de la famille des Rosacées. Avec Prunus cerasus, il est l’un des deux cerisiers sauvages à l’origine des variétés de cerises que l’on cultive actuellement.

Présent partout en France, son aire de distribution s’étend sur toute l’Europe, l’Asie et l’Ouest africain. Il est également cultivé dans toutes les régions tempérées du globe. Le merisier se retrouve en milieu forestier, éparpillé au milieu des autres essences d’arbres. C’est un arbre qui requiert beaucoup de lumière. C’est un grand arbre, pouvant atteindre 25 à 30 m, à fût droit et cylindrique. Il peut vivre jusqu’à 100 ans. Son écorce est assez claire et a tendance à se déchirer en lanières horizontales ce qui lui donne un aspect zébré très caractéristique.

Les feuilles sont grandes, elliptiques et dentées. Elles possèdent des poils fins sous les nervures principales et deux petites glandes rouges à la base du limbe qui sont productrices de nectar. Les fleurs apparaissent d’avril à mai et sont groupées en petits bouquets sur le bord des rameaux. Elles sont blanches, pédonculées et possèdent 5 pétales. La pollinisation est principalement assurée par les insectes qui visitent volontiers les fleurs au printemps.

Après la fécondation les fruits apparaissent au milieu de l’été. Ils ressemblent à des cerises pâles avec un long pédoncule. Ces « merises » sont comestibles mais leur goût est amer.

Le bois de merisier est très apprécié en menuiserie. Il offre une couleur brun rosé assez claire et est un bois solide et recherché pour la confection de meubles.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le merisier et surtout les merises sont très appréciées des oiseaux. De plus, le merisier est plus précoce que les espèces de cerisiers cultivées. Ainsi des merisiers sont souvent plantés en bordures de vergers de cerisiers pour attirer les oiseaux et protéger les espèces cultivées. C'est pour cela qu'on le surnomme parfois le cerisier des oiseaux. Le merisier, plus robuste que certaines variétés de cerisiers, est aussi utilisé comme porte-greffe.

L'alisier torminal

L’alisier torminal (Sorbus torminalis) est un grand arbre caduc de la famille des Rosacées (comme l’aubépine, les fraises, les mûres, le pommier… ou le merisier, vu plus haut) d’environ 20 à 25 m de haut voire 30 m en forêt. Sa longévité pourrait atteindre les 300 ans d’après les plus grands spécimens répertoriés.

Il est présent dans toute l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Asie mineure.

C’est un arbre qui s’accommode de nombreux sols, même pauvres, tant calcaires qu’argileux, mais pousse lentement. Bien qu’on puisse le trouver en pleine forêt, il pousse volontiers en lisière, en bord de clairière ou dans toute trouée créée par la chute d’un arbre. C’est une espèce peu abondante en forêt. On le retrouve souvent associé à de gros chênes, hêtres ou charmes, en pleine ou basse montagne.

L’alisier possède une écorce gris-brun qui est fortement fissurée et qui s’exfolie. 

Ses feuilles d’un vert foncé possèdent un long pétiole. Longues d’une dizaine de centimètres et presque aussi larges, elles sont largement ovales, tronquées à la base et ont de 5 à 7 lobes de tailles inégales et dentés. Elles évoquent vaguement les feuilles de l’érable et du platane ou pour les plus imaginatifs, la forme d’une grenouille aplatie !

Fleurs et fruits - alisier

L’alisier torminal fleurit de mai à juin. Il est hermaphrodite et produit des corymbes de petites fleurs blanches d’un centimètre de diamètre environ, avec de grandes étamines. Ces fleurs sont très appréciées des insectes qui les pollinisent.

Les fruits apparaissent à partir de septembre et sont appelés les alises. Ce sont de petites drupes ovoïdes d’environ 15 mm de diamètre rouges puis brunes à maturité. Il peut être consommé blette (c’est-à-dire après avoir gelé) et sert à la confection d’eau-de-vie. De nombreux animaux apprécient également ses fruits comme les oiseaux ou certains mammifères et participent ainsi à leur dispersion (zoochorie). 

Le bois de l’alisier torminal est un bois lourd, dur et très dense. Pourtant, il se travail très bien et est très stable. C’est pourquoi il est assez recherché et s’utilise pour la confection de violons, la marqueterie, la sculpture ou la gravure.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les fruits de l'alisier torminal sont chargés en tanins et peuvent être utilisés pour soigner les diarrhées. D'ailleurs, son nom latin Sorbus torminalus, nous en apprend beaucoup sur son utilité : Sorbus vient du latin sorbere qui signifie "boire" et décrit le côté astringent des alises de ce genre de plantes. Quant au nom d'espèce torminalis, il vient du mot latin torquere qui veut dire se tordre et se traduit par "qui guérit les coliques".

Télécharger le guide "Présentation 12 espèces d'arbres communs et remarquables français"

Pourquoi et comment planter une haie arborée ?

Vous ne le savez peut-être pas mais une haie ingénieusement plantée peut représenter un atout pour la biodiversité. On vous dévoile les bienfaits des haies pour l’environnement mais aussi quelques astuces pour optimiser leur efficacité.

Quelle est l'utilité d'une haie ?

Avant toute chose, on doit vous dire qu’il existe une ribambelle de types de haie (bocagère, mellifère, champêtre, libre, coupe-feu, vive) et qu’elles ont chacune des fonctions bien spécifiques. Dans cet article, on va s’intéresser essentiellement aux haies qui ont un impact positif très important sur la biodiversité mais gardez en tête qu’il en existe plein d’autres (des détails ici).

Dans l’imaginaire collectif, une haie sert principalement à délimiter une propriété tout en se protégeant du regard de voisins trop curieux. En réalité, elles peuvent faire BEAUCOUP plus que ça. 

Les haies permettent de limiter la fragmentation de l’habitat en créant des corridors biologiques. Ce sont des petits espaces protégés de l’impact humain où la biodiversité peut s’épanouir, circuler et se réfugier. En effet, de nombreuses espèces faisant partie de la microfaune (renards, petits oiseaux, lézards, grenouilles, limaces, araignées et insectes) ont besoin des haies pour continuer de circuler dans des zones où les humains se sont établis. Faire le choix d’investir dans une haie arborée plutôt qu’un grillage dans son jardin est donc un geste éco-citoyen accessible permettant d’améliorer la vie de la biodiversité locale.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Avant le milieu du 21ème siècle, le paysage agricole français présentait d'importantes zones exploitées composées de haies qui délimitaient alors les champs les uns des autres. Cependant, lorsque l'agriculture s'est modernisée entre 1955 et 1975, les paysages ruraux ont été profondément transformés par les opérations de remembrement. LEs haies et bosquets ont alors été détruits puis gagner du terrain et de la productivité.

Les étapes clés pour obtenir une haie arborée

Cependant, si l’on veut que cette haie soit bénéfique pour la biodiversité, il y a quelques règles d’or à respecter.

Les différents types d'arbres

Pour composer une haie agréable pour la microfaune, il est important qu’elle contienne des végétaux de différentes tailles. On parle d’arbres de haut jet (de 10 à 20 m), d’arbres de cépée (de 3 à 8 m) et d’arbustes (plus petits que 3m et avec des branches partant de la base du tronc). Si vous souhaitez créer une haie dans votre jardin vous opterez sans doute pour des arbres de taille raisonnable, donc pour des arbres de cépée et des arbustes. 

N’oubliez pas qu’en hiver les espèces caduques se retrouvent nues (par définition), si vous souhaitez garder un effet brise-vue tout au long de l’année il faudra ajouter des espèces à feuillage persistant.

Choisir des espèces locales voire endémiques

Le choix des espèces présentes dans la haie est crucial et va (en partie) déterminer sa fonction. Néanmoins, il y a deux règles à respecter, peu importe le type de haie que vous souhaitez. Il faudra 1) choisir des espèces locales et 2) favoriser la diversité. 

Les espèces naturellement présentes dans votre région sont adaptées aux conditions environnementales de ce lieu, ce qui signifie qu’elles ont plus de chance de s’y épanouir et qu’il y aura moins d’entretien. Elles se fondront dans le paysage. 

On ne le répètera jamais assez mais la diversité, c’est la clé (on en parlait ici) ! Alors on essaye au maximum de sélectionner une grande diversité d'espèces, ce qui facilitera la vie d’une plus grande variété d’organismes de la microfaune. Par exemple : des conifères pour les oiseaux granivores, des arbres à fleurs pour les insectes pollinisateurs, des grands fruitiers pour faire de l’ombre et récupérer leurs précieuses productions etc. De plus, en cas de maladie, elle ne pourra pas se propager à l’intégralité de la haie mais sera cantonnée à l’espèce infectée. 

Composer et dessiner sa future haie

Cette étape de visionnage est plus importante que ce qu’on pourrait croire a priori. En dessinant (et en respectant les échelles) sa future haie, on appréhende mieux le nombre d’arbres qui seront nécessaires et on gagne du temps le jour de la plantation. 

Il est nécessaire d’alterner les différentes espèces, de planter sur 2 rangs et en quinconce.

S'approvisionner chez un pépiniériste local

Encore une fois, on essaie de se procurer les végétaux dont on a besoin chez des producteurs locaux. Ce sont des mines d’or d’informations très précieuses. Ils ou elles pourront vous guider dans le choix des espèces pour votre haie et vous donner des conseils précis et spécifiques à votre région pour maximiser vos chances d’avoir une haie en bonne santé. 

Lancez-vous dans la plantation !

Après toute cette réflexion, vous pouvez passer à l’action et commencer à planter votre haie. Pour un tutoriel pas à pas et détaillé de la plantation de haie arborée n’hésitez pas à consulter ce guide ooreka.

Comment valoriser ses bois morts ?

Après avoir parlé d’arbres bien vivants et de leurs intérêts écologiques, nous pouvons maintenant nous intéresser aux bois morts et à comment les valoriser. Car même morts, les arbres sont des ressources très intéressantes et sont importants pour la nature ! 

Les bénéfices du bois mort

En effet, l’ONF (l’Office National des Forêts) elle-même a une politique de gestion du bois mort en forêt et reconnaît son intérêt écologique. C’est pour cela que lorsque l’on se promène, on peut observer du bois coupé laissé au sol ou des arbres morts laissés sur pieds. La règle prévoit de laisser au moins 1 arbre mort ou sénescent (c’est-à-dire, vieillissant) par hectare. Plein d’informations à ce sujet sont disponibles dans ce guide de l’ONF. 

Au sol, le bois mort va se décomposer et enrichir le sol (en formant de l’humus), tout en servant de nourriture et d’abris à tous les décomposeurs du sol. Sur pied, un arbre mort va aussi servir de refuge à des insectes, des champignons, des amphibiens, des oiseaux et d’autres petits mammifères (par exemple, les chats forestiers utilisent les structures en bois mort comme sites de repos,  Jerosh et al. 2010, ou encore, certaines chauves-souris utilisent les cavités dans les troncs). Il est estimé que 25% de la biodiversité forestière dépend de la présence de bois mort. 

Bon d’accord, mais on ne gère pas tou·te·s des forêts, alors sommes-nous concernés par la gestion du bois mort à notre échelle individuelle ? Bien sûr ! Voyons ensemble ce que nous pouvons en faire. 

Tout d’abord, à l’image de l’ONF, nous pouvons laisser des arbres morts sur pieds dans nos jardins. Les oiseaux iront y nicher, la biodiversité sera favorisée et cela nous aidera aussi en permettant l’accueil d’insectes auxiliaires. L’arbre peut être laissé en l’état ou bien on peut s’en servir pour qu’il serve de tuteur à une plante grimpante si l’on souhaite l’habiller. 

Quelques vérifications avant de vous lancer dans l'aventure

Il faudra néanmoins veiller à ce que ces arbres ne représentent pas de danger pour nous. Car il est vrai qu’un arbre mort a plus de chances de s’écrouler qu’un arbre vivant. Pour cela, des vérifications simples pourront être faites, notamment après de fortes pluies ou tempêtes. 

D’abord, on peut éviter d’aller se balader sous l’arbre en question. Ensuite, on peut le surveiller. On vérifiera notamment s’il est sain : c'est-à-dire, non parasité ou rongé par des insectes xylophages ou des champignons. Il faudra tester sa solidité en le sondant (mécaniquement ou grâce à des ondes sonores, auquel cas on fera appel à des professionnels). On pourra enfin le tailler et enlever ses branches, qui représentent une plus grosse prise au vent et le rendent ainsi plus sensible au déracinage lors de tempêtes ou fortes intempéries. 

BON À SAVOIR

Si l'on se sert de l'arbre mort pour faire grimper une plante, cette dernière augmentera la prise au vent : il faudra donc faire cela uniquement sur des arbres solides ou qui sont éloignés de toute habitation ou zone de danger !

Si jamais votre arbre mort représente un trop grand risque pour être laissé sur pied, il faudra l’abattre (en étant prudent aussi !). Mais on pourra quand même lui trouver une utilité ! Tout d’abord, bien sûr, comme bois de chauffage ou pour le barbecue. 

Les différentes utilisations possibles du bois mort

On pourra aussi faire des tas de bois avec les branches dans le jardin, pour rendre son jardin insecte-friendly (on vous en dit plus à ce sujet ici). Ces tas de bois serviront aussi d’abris à des petits mammifères et autres organismes. 

On pourra récupérer le bois pour fabriquer diverses choses, comme des objets de décoration (par exemple, un arbre de noël eco-friendly, un porte bijoux, un porte manteau, une lampe...internet regorge d’idées !), des meubles ou encore un salon de jardin en tronc d’arbre. 

Au potager, on pourra enterrer des morceaux de bois pour aider à favoriser la vie dans le sol et/ou à restaurer la qualité du sol. Broyé, il servira de paillage à nos plantations. En permaculture, on pourra l’utiliser au sein d’une butte dans laquelle il servira à retenir l’eau et à enrichir le sol en se décomposant. On pourra aussi utiliser les branches comme tuteurs. 

Au compost, ajouté tel quel entre les couches ou bien en copeaux, il permettra d’aérer et de favoriser l’oxygénation. 

En conclusion, voyez le bois mort comme une ressource et non un déchet ! 

Pour aller plus loin

Agir pour la nature au jardin. David Melbeck, Sylvain Leparoux. Editions La Salamandre – Les guides pratiques. (ISBN: 9782889584000)

L’Oasis. Simon Hureau. DARGAUD Editions. (ISBN-13 978-2205085808)

Sources

[1] den Ouden et al. (2005) Jays, Mice and Oaks: Predation and Dispersal of Quercus robur and Q. petraea in North-western Europe in Seed fate: predation, dispersal and seedling establishment. Forget, Lambert Hulme & Vander Wall (Eds.). pp. 223-239. 

Ressources communes pour les différentes espèces d'arbres : Tela Botanica , aujardin.info , Wikipedia , ONF , IUCN red list of species , Inventaire national du patrimoine naturel - Muséum d’Histoire Naturelle, Bmédia, Biologie et Multimédia - Sorbonne Université - UFR des Sciences de la Vie, Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, Institut National de l’information géographique et forestière 

http://nature.jardin.free.fr/arbre/ft_carpinus_be.html

https://www.waldwissen.net/fr/habitat-forestier/arbres-et-arbustes/feuillus/ecologie-et-histoire-du-hetre?L=2

Ooreka

Temps de travail commun : 81h
Auteurices : Élodie Portannier, Vincent Lhuillier & Salomé Bourg
Illustratrice : Lisa Nicvert

Les insectes… un mot qui génère à la fois de la curiosité et de la crainte chez nombre de personnes. On les associe souvent à des petites bêtes qui nous embêtent, qui peuvent nous piquer, et quand on pense à eux, on voit beaucoup de pattes qui pourraient nous courir dessus.

Pourtant, plus de la moitié des espèces animales connues sont des insectes [1]. On connaît 1 million d’espèces et on estime qu’il nous en reste encore au moins 5 millions à découvrir [2].

On vous emmène donc avec nous à la découverte de ce groupe riche et original. 

Dans la suite de cet article, nous allons vous présenter 12 espèces communément rencontrées en France. À la fin de cette partie vous pourrez télécharger les fiches d’identités de ces espèces pour les emmener avec vous sur le terrain et faire vos observations.

Ensuite, nous vous donnerons des astuces pour aider les insectes à survivre et nous vous expliquerons pourquoi c’est important.

Vous apprendrez alors comment construire vos propres abris à insectes et rendre votre jardin insectes-friendly !

Quels insectes peut-on couramment observer ?

La coccinelle à damier 

La coccinelle à damier (Propylea quatuordecimpunctata) appartient à l’ordre des Coléoptères et à la famille des Coccinellidae.

Elle est assez commune et se retrouve à travers toute l’Europe dans les milieux ouverts. Elle affectionne les petits arbustes et les plantes basses. Vous pourrez assez facilement l’apercevoir aussi bien dans la végétation en bordure de champs que dans votre jardin.

Les adultes de cette espèce émergent légèrement plus tard que les plus grosses espèces de coccinelles, lorsque les températures sont plus douces. On peut ainsi la rencontrer d’avril à octobre.

Comme la plupart des coccinelles, elle est très vorace, particulièrement au stade larvaire et se nourrit de petits insectes comme les pucerons. Elle est donc une alliée pour les jardiniers. Comme d’autres espèces de coccinelles elle est utilisée en tant qu’auxiliaire pour la protection des cultures face aux attaques de pucerons et autres petits ravageurs.

À la différence de ses cousines rouges à petits pois noirs bien connues, comme les coccinelles à 2 points (Adalia bipunctata) ou à 7 points (Coccinella septempunctata), la coccinelle à damier arbore une livrée (son « costume ») jaune et noire à motifs carrés. Elle compte ainsi 14 taches noires carrées/rectangulaires, bien visibles sur un fond jaune crème à orange très pâle.

Les taches sont rarement bien dessinées, elles sont le plus souvent partiellement fusionnées donnant ce motif de damier dont est tiré son nom. Elle possède également des taches noires sur son pronotum (la partie supérieure du thorax visible entre la tête et les élytres) qui se rejoignent en formant un motif en forme de couronne.

Bien qu’elle ne dépasse pas les 5 mm, cette petite coccinelle ne passe pas inaperçue dans la végétation avec ses belles couleurs !

Le saviez-vous ? - Coccinelle à damier

Le nombre de points sur les élytres des coccinelles ne permet malheureusement pas de connaitre leur âge. En revanche c'est souvent un bon moyen de différencier les espèces. On retrouve cette particularité dans beaucoup de leurs noms latins : bipunctata (2 points), septempunctacta (7 points).

La libellule déprimée

La libellule déprimée (Libellula depressa) est un insecte de l’ordre des Odonates et appartenant à la famille des Libellulidae.

Son aire de répartition s’étend de l’Europe jusqu’en Asie, à l’exception de la pointe Sud de l’Espagne et du Nord de l’Europe. C’est une espèce très commune en France.

On peut facilement l’observer autour de nombreux types de points d’eau de mai à septembre. C’est une espèce dite pionnière, c’est-à-dire qu’elle est souvent une des premières espèces à coloniser un nouveau milieu. C’est ainsi qu’on pourra la rencontrer aux abords de marres ou bassins apparus récemment ou aux abords de petits points d’eau stagnante.

Cette libellule rapide ne sera pas aisée à observer en vol ou au-dessus de l’eau. En revanche, vous la verrez souvent dans la végétation alentours, postée sur un perchoir souvent en hauteur. Les mâles, très territoriaux, chassent tout intrus qui volerait trop près de leur territoire.

Comme toutes les libellules, c’est une chasseuse hors pair qui attrape de petits insectes en plein vol.

La libellule déprimée est une grande libellule qui peut atteindre presque 5 cm pour une envergure allant jusqu’à 7,5 cm. Elle possède un abdomen large et aplati (ou « déprimé », d’où son nom) bleu clair chez le mâle, avec de légères tâches jaunes sur le côté, et jaune à brun chez la femelle. Ses yeux sont bruns sur le dessus.

Point distinctif, la libellule déprimée possède de larges taches à la base de ses ailes : de grandes taches brunes triangulaires sur ses ailes postérieures (comme chez de nombreux Libellulidae) mais aussi de longues taches brunes à la base des ailes antérieures, ce qui vous fera dire à coup sûr « c’est bien Libellula depressa ! ». 

Le saviez-vous ? - libellule déprimée

Déjà toute petite, dans l'eau, la larve de libellule est un prédateur impitoyable qui chasse tout ce qui passe à sa portée. Elle possède une arme redoutable que l'on appelle le 'masque' : c'est une sorte de bras articulé se finissant en pinces acérées. Comme les caméléons avec leur langue, elle projette son masque en avant vers sa proie pour la saisir avant de s'en repaitre. Larves de moustiques ou petits tritons parfois, rien ne résiste à cette terreur petite mais costaude !

Le phasme gaulois

Le phasme gaulois (Clonopsis gallica) est un phasme (Phasmida ou Phasmoptères) de la famille des Bacillidae.

Avec le phasme d’Espagne et le phasme de Rossi, il fait partie des trois espèces de phasmes présentes en France. Il est néanmoins le plus communément rencontré en France et on peut l’observer dans toute la moitié sud du pays et jusqu’à l’ouest.

Il apprécie les environnements ombragés comme les lisières de forêts ou les bords de chemins et préfère rester à 1 ou 2 m de hauteur. On le retrouvera très souvent sur les plantes et buissons desquels il se nourrit, comme les ronces ou les rosiers. Les adultes sont visibles de mai à octobre.

Les œufs, qui ressemblent à de toutes petites graines, sont pondus avant l’hiver et effectuent une diapause. C’est une pause dans leur développement, qui dure pendant plusieurs périodes hivernales avant que les œufs n’éclosent.

Le phasme gaulois ressemble à s’y méprendre à une brindille à 6 pattes. C’est d’ailleurs son meilleur atout pour se camoufler dans son environnement. Il est fin, tout en longueur, arbore une couleur allant du vert au brun et peut atteindre les 7 cm. On le différencie des autres phasmes que l’on peut trouver en France par la couleur rouge qui apparaît à la base de ses pattes avant, près du thorax.

Le saviez-vous ? - Phasme

Dans la nature, les mâles Clonopsis gallica n'existent pas ! En effet, les femelles se reproduisent en pondant des oeufs non fécondés qui donneront d'autres femelles : c'est ce que l'on appelle la parthénogenèse. Cette stratégie de reproduction est présente chez de nombreuses espèces d'insectes mais est particulièrement répandue chez les phasmes.

L’Osmie cornue

L’osmie cornue (Osmia cornuta) appartient à l’ordre des Hyménoptères. C’est une abeille de la famille des Megachilidae.

Elle est présente dans toute l’Europe, à l’exception des pays nordiques. On peut voir ces abeilles sauvages voler et butiner dans les parcs, les prairies et les jardins, de mars à juin.

L’osmie cornue butine de nombreuses fleurs dont elle récolte et consomme le nectar et le pollen. Elle semble avoir une préférence pour les Fabacées (comme le trèfle ou le lupin) et les Rosacées (nombreux arbres fruitiers tels que les pommiers ou les cerisiers).

La femelle construit des nids dans des cavités (tiges creuses, trous d’évacuation de fenêtres). Elle y dépose du nectar et du pollen pour la future larve, pond un œuf unique, puis rebouche le tout avec une argile formée d’un mélange de terre et de salive. Elle construit ainsi de nombreuses loges pour toute sa descendance durant tout l’été.

À la fin de l’été, les larves se métamorphosent en adulte (ou imago) et restent dans la cellule où elles ont grandi. Elles ne sortiront qu’au printemps suivant.

L’osmie est une abeille relativement trapue. Son abdomen ovale est roux tandis que son thorax et sa tête sont noir. Le mâle possède une touffe de poils (ou soies) blancs sur la face. La femelle en est dépourvue mais possède deux petites cornes noires sur l’avant de la tête. Elle a également une petite brosse ventrale roux vif, sous l’abdomen, qu’elle utilise pour récolter le pollen. Les antennes sont légèrement plus courtes chez la femelle.

Le saviez-vous ? - Osmie cornue

L'osmie est une travailleuse acharnée : la femelle fait plusieurs dizaines de voyages chargée de nectar et de pollen pour remplir convenablement une loge pour sa larve. Elle participe ainsi à la pollinisation. On connait en général le rôle pollinisateur de l'abeille domestique (Apis melifera) mais les 870 espèces d'abeilles sauvages solitaires en France ont également un rôle crucial dans le maintien de nos écosystèmes.

Le syrphe porte-plume

Le syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta) est un Diptère (comme les mouches communes !) de la famille des Syrphidae.

Il est répandu dans tout l’hémisphère Nord et est particulièrement fréquent en Europe. Il apprécie les fourrés, prairies et autres jardins riches en plantes à fleurs, et peut être aperçu d’avril à novembre.

L’adulte syrphe porte-plume se nourrit du nectar et du pollen des fleurs qu’il butine. La larve, en revanche, est plus vorace et se nourrit, comme de nombreux Syrphidae, de pucerons. Les syrphes rendent ainsi un double service : à l’état de larve ils protègent les cultures des ravageurs et, à l’âge adulte, ils participent à la pollinisation.

C’est un insecte volant très gracile. Comme tous les diptères il ne possède qu’une paire d’ailes : la seconde est modifiée en petites massues (ou haltères) qui servent de gyroscope en vol (pour se stabiliser).

Il présente de grands yeux globuleux. Le thorax est brun foncé et parcouru de grandes bandes latérales plus claires tandis que l’abdomen est rayé de noir et de jaune. La femelle est légèrement plus large que le mâle et ce dernier a l’extrémité de l’abdomen renflé en une boule qui lui donne l’allure d’une pointe de plume, d’où son nom vernaculaire de syrphe porte-plume.

La larve est apode (elle n’a pas de pattes !) et ne possède pas de tête bien visible. Le corps est vert et traversé de deux lignes blanches plus ou moins rectilignes sur le dos.

Le saviez-vous ? - Syrphe porte plume

Avec ses rayures et ses couleurs le syrphe porte-plume pourrait être confondu avec des guêpes ou d'autres insectes piqueurs. Mais il est inoffensif et ne pique pas ! C'est bien là toute la ruse ! En imitant des insectes auxquels il n'est pas bon de se frotter, ce syrphe dissuade les prédateurs de s'approcher de peur de se faire piquer. Ce type de mimétisme, où l'espèce mimant est inoffensive, est appelé mimétisme batésien.

La chrysope aux yeux d’or

La chrysope (Chrysoperla carnea, sensu lato) est un Névroptère de la famille des Chrysopidae.

Présente dans toute l’Europe, elle affectionne les milieux où l’on retrouve des plantes à fleurs (prairies et jardins) et là où se concentrent les colonies de pucerons.

Elle est active de mars à octobre et passe l’hiver à l’abri dans des haies ou des tas de bois. L’adulte est principalement actif la nuit, mais il n’est pas rare d’en observer de jour dans un buisson ou une haie, ou à l’abri sous une feuille. La larve, particulièrement mobile, peut être observée dans la végétation, chassant parmi les pucerons.

À l’état adulte, la chrysope se nourrit de nectar et de pollen de fleurs ainsi que de miellat de pucerons. À l’état larvaire, elle est un redoutable prédateur particulièrement friand de pucerons. Elle est d’ailleurs utilisée en lutte biologique comme auxiliaire de culture pour lutter contre des ravageurs comme les pucerons, les thrips et certaines chenilles. Son appétit pour les pucerons est tel qu’elle est parfois appelée « lion des pucerons ».

La chrysope adulte présente de grandes ailes transparentes ovales, très nervurées. Son corps vert clair est long et fin. Ses yeux d’une couleur métallique ont des reflets dorés, ce qui lui a valu le surnom de « demoiselle aux yeux d’or ».

La larve est gris-brun, parfois verte aux premiers stades, et traversée de deux lignes rougeâtres. Elle possède à l’avant de la tête de grandes mandibules, semblables à une pince. Ce sont en fait deux petits tubes percés, que la larve utilise pour injecter à l’intérieur de sa proie une substance qui liquéfie cette dernière, permettant à la larve de chrysope d’aspirer son contenu (comme avec une paille).

Le saviez-vous ? - Chrysope

Du fait de l'activité essentiellement nocturne des chrysopes, les chauves-souris constituent leurs principaux prédateurs. Mais les chrysopes ont trouvé la parade : sensibles aux ultrasons que produisent les chauves-souris, elles savent quand elles sont prises en chasses et cessent instantanément de battre des ailes.

La panorpe ou mouche-scorpion

La panorpe (Panorpa communis) appartient à l’Ordre des mécoptères et à la famille des Panorpidae.

Elle est présente dans toute l’Europe et l’Asie et est parfois très abondante ponctuellement. On retrouve les panorpes dans les milieux ombragés et plutôt humides. Elles sillonnent ainsi les forêts, les bords de cours d’eau ou les marécages. On les rencontre principalement au printemps et en été.

Les adultes sont essentiellement carnivores : ils se nourrissent de mouches ou de petits animaux morts. À l’occasion, ils se nourrissent également de nectar ou miellat de pucerons.

La mouche-scorpion est un petit insecte d’environ 20 mm de long. Son corps est jaune et noir et ses ailes, au nombre de quatre, sont zébrées de taches noires, plus ou moins nombreuses selon les espèces du genre Panorpa. Chez P. communis, les taches sont plus discrètes que chez les autres Panorpa.

Comme chez tous les mécoptères, sa tête est allongée, formant un rostre au bout duquel se trouvent les pièces buccales. Malgré son nom de mouche-scorpion, la panorpe est inoffensive. En effet, ce surnom vient de la ressemblance de l’extrémité de l’abdomen des mâles avec la queue des scorpions, bien qu’elle soit plus proche d’une pince que d’un aiguillon.

Le saviez-vous ? - Mouche scorpion

Pour trouver sa nourriture, la panorpe est plutôt opportuniste et préfère profiter de l'aubaine d'un cadavre de mouche plutôt que de chasser activement. Elle n'hésite d'ailleurs pas à voler les petits insectes pris dans les toiles d'araignées.

Le paon-du-jour

Le paon-du-jour (Aglais io) est un papillon (ou Lépidoptère) de la famille des Nymphalidae.

Il est présent dans toute l’Europe et jusqu’en Asie et est commun en France.

De février à octobre ce papillon se rencontre en prairies ou en lisière de forêts, parcs et jardins. Il apprécie les milieux légèrement humides et évitera ainsi tout environnement trop sec. Il passe l’hiver sous forme de chrysalide ou sous forme adulte, caché dans des anfractuosités et souvent dans nos maisons, garages ou autres abris de jardins.

Adulte, il se nourrit du nectar des fleurs qu’il visite çà et là. Sa chenille, quant à elle, se nourrit sur l’ortie dioïque (Urtica dioica, celle qui pique !).

La chenille du paon-du-jour a la tête et le corps noirs parsemé de points blancs. Elle possède de nombreux petits pics grêles appelés scoli sur le dos et les flancs. Une fois sa nymphose (la métamorphose qui la transforme en chrysalide) achevée, bien à l’abri dans sa chrysalide toute verte, elle se transforme en un grand papillon de 5 cm d’envergure.

Bien que le dessous des ailes soit d’un brun sombre, la face supérieure est vibrante de couleurs : le fond des ailes est rouge foncé et sur chacune d’elles est présente une grosse tache violet brillant en forme d’œil. C’est de là que vient son nom de paon-du-jour car il rappelle le motif des plumes du mâle paon.

Fait étonnant chez les insectes (mais que l’on retrouve chez de nombreux Nymphalidae) : ce papillon n’a que 4 pattes !

Le saviez-vous ? - Paon-du-jour

Le Paon-du-jour n'est pas le seul papillon qui se développe sur les orties. Elles sont également la source de nourriture de la Petite Tortue (Aglais urticae - "Urtica", comme l'ortie !), du Vulcain (Vanessa atalanta) ou du Robert-le-diable (Polygonia c-album). Pensez ainsi à garder une petite touffe d'orties au fond de votre jardin si vous voulez continuer à voir ces beaux voiliers visiter vos fleurs en été.

Le gendarme

Le gendarme, ou pyrrhocore (Pyrrhocoris apterus), est un petit insecte bigarré de l’ordre des Hémiptères appartient à la famille des Pyrrhocoridae.

Il est présent dans toute l’Europe, à l’exception des extrémités nord des îles britanniques et de la Scandinavie, et jusqu’en Inde.

Il se rencontre en groupes au pieds des arbres, notamment le tilleul et l’hibiscus, dans les milieux très ensoleillés. On peut l’observer d’avril à octobre, puis en hiver les adultes se cachent sous l’écorce des arbres ou dans des anfractuosités du sol.

Les gendarmes sont polyphages (ils peuvent consommer divers aliments) mais se nourrissent principalement de graines, de sève et de fruits (notamment ceux des roses trémières, des mauves ou des hibiscus). Il leur arrive aussi de se nourrir d’œufs ou de cadavres d’insectes.

Le gendarme est une petite punaise d’environ 10 mm à la coloration rouge et noire, formant sur son dos un motif ressemblant à un visage ou un grand masque. Les pattes et la tête sont entièrement noires et les yeux sont rouges.

Comme tous les Hémiptères (punaises, pucerons, cigales, cochenilles…) il possède un long rostre (ou stylet) qu’il utilise pour piquer et aspirer sa nourriture. Les larves et juvéniles ressemblent aux adultes mais en plus petits, et ne possèdent pas les motifs noirs et rouges car leurs ailes ne sont pas encore développées. L’absence d’ailes laisse ainsi apparaître l’abdomen d’un rouge éclatant.

Le saviez-vous ? - Gendarme

Les couleurs du gendarme le rendent bien visible pour les prédateurs, mais elles sont aussi un avertissement pour ces derniers. Bien souvent dans le règne animal, de telles couleurs criardes servent à avertir les prédateurs que l'animal est toxique ou a très mauvais goût. On parle alors de couleurs aposématiques. Ce n'est pas le des gendarmes, étrangement, car ils n'ont pas d'odeur, ce qui est un fait étonnant pour une punaise terrestre.

Le géotrupe du fumier

Le géotrupe du fumier (Geotrupes stercorarius) est un insecte Coléoptère de la famille des Geotrupidae.

Visible d’avril à septembre, on le rencontre dans toute l’Europe dans les milieux boisés et peuplés de grands mammifères, tels que les cerfs ou les chevreuils.

Le géotrupe, particulièrement sa larve, est en effet coprophage, c’est-à-dire qu’il se nourrit d’excréments d’animaux. Il affectionne les excréments de grands mammifères qui serviront de nourriture pour ses larves. C’est un bousier efficace qui contribue à la dégradation des déjections en forêt. Bien qu’également partiellement coprophages, les adultes se nourrissent aussi beaucoup de champignons.

Le géotrupe est un scarabée au corps trapu, bombé et arrondi, de couleur noire à reflets métalliques bleus. La tête et le pronotum (la partie supérieure du premier segment thoracique visible) sont lisses ou légèrement ponctués. Les élytres (la première paire d’ailes rigides protégeant la seconde) sont, quant à eux, striés. Ses pattes sont dentées et la première paire à l’avant est légèrement plus large que les autres et sert à l’animal à creuser.

Le saviez-vous ? - Géotrupe

La dégradation des diverses bouses et crottins est un processus qui fait intervenir de nombreuses espèces d'insectes et participe à l'enrichissement et l'aération des sols. En moins d'une heure, une bouse fraiche est déjà colonisée par les mouches et les coléoptères qui consomment la matière et y pondent leurs oeufs. Champignons, bactéries, et autres lombrics, ne tardent pas ensuite à coloniser aussi ce nouvel écosystème, aidées par les galeries creusées par les coléoptères.

La mante religieuse

La mante religieuse (Mantis religiosa) appartient à l’Ordre des Mantodea et à la famille des Mantidae.

Originaire du bassin méditerranéen, sa répartition s’étend maintenant sur toute l’Asie. En Amérique du Nord, où elle a été introduite, elle est considérée comme invasive. On peut la retrouver dans toute la France sauf à l’extrême Nord. Elle affectionne particulièrement les environnements secs, les prairies, les champs en friches ou encore les buissons.

La mante religieuse peut s’observer durant une grande partie de l’année. Dès le début du printemps on peut rencontrer les juvéniles fraîchement éclos, qui ressemblent aux adultes en version miniature. En été, les individus ont atteint le stade adulte et s’apprêtent à s’accoupler jusqu’à fin octobre. La ponte a ensuite lieu jusqu’en novembre.

La mante religieuse, que l’on surnomme également « tigre de l’herbe », est un prédateur hors pair. Elle se nourrit de tout insecte qui aura le malheur de croiser sa route. Elle chasse en effet, à l’affut, et s’attaque à des proies aussi grosses qu’elle. Adulte, elle consomme papillons, mouches, moustiques, criquets et sauterelles ; juvénile, elle se contente de pucerons ou de petites mouches.

Lorsqu’on rencontre une mante religieuse, on ne peut pas se tromper sur son identité. C’est un grand insecte très élancé, vert ou brun, pouvant atteindre 8 cm de long. Elle possède de très grands yeux et une tête triangulaire très mobile qui peut pivoter à 180° pour toujours avoir ses proies en vue.

Ses pattes avant, dites « ravisseuses », sont bardées d’épines et fonctionnent comme des pinces qu’elle projette vers ses proies pour les attraper. On la reconnaît aussi facilement grâce aux tâches noires qu’elle possède à l’intérieur de ses pattes antérieures (côté tête), au niveau de l’aisselle.

Le saviez-vous ? - Mante religieuse

Chez les mantes, les oeufs ne sont pas pondus individuellement mais dans une coque de protection que l'on appelle l'oothèque (littéralement boite à oeufs en grec). La femelle Mantis religiosa pond 200 à 300 oeufs en même temps qu'une sorte de mousse expansive qui va progressivement se solidifier. Cette structure est si résistante qu'elle peut rester dans la nature plusieurs années après l'émergence des petites mantes.

La grande sauterelle verte

La grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) est un insecte de l’ordre des Orthoptères et appartient à la famille des Tettogonidae. Cette sauterelle est commune en France. On la rencontre également dans toute l’Europe occidentale.

C’est un habitant des milieux ouverts herbacés comme les prairies et les landes. Bien que l’on puisse la trouver dans l’herbe, elle affectionne particulièrement les arbustes, les buissons ou les arbres, qui sont ses zones de chasse préférées. Il est possible de la rencontrer dans la végétation, de la voir voler, ou même de l’entendre, à partir de la mi-juillet et jusqu’en octobre.

Cette sauterelle est dotée de puissantes pièces buccales de type broyeur, alors attention, elle peut mordre ! Elle est essentiellement carnivore. Il lui arrive de consommer quelques végétaux de temps à autres, mais son menu quotidien est composé de chenilles, de mouches ou d’autres grandes sauterelles vertes si l’occasion se présente !

La grande sauterelle verte est tout d’abord remarquable par sa taille. Elle peut mesurer jusqu’à 4,2 cm pour les femelles (> 6cm avec les ailes). Celles-ci possèdent en plus un oviscapte (sorte d’appendice en forme de lame pour pondre ses œufs dans le sol) qui les rend encore plus longues.

Cette sauterelle est entièrement verte (viridissima signifie « très verte » en latin), à l’exception du dessus de la tête et du thorax qui sont légèrement bruns, ce qui lui permet de se confondre avec son environnement et la rend difficile à repérer quand elle est immobile.

Elle possède également de grandes pattes postérieures et de longues ailes, qu’elle utilise pour bondir et s’envoler d’arbre en arbre. Comme les autres sauterelles, elle possède de très longues antennes filiformes qui peuvent atteindre une fois et demie sa taille.

Le saviez-vous ? - grande sauterelle verte

Discrète dans la végétation avec sa couleur, c'est bien souvent par son chant que l'on repère la grande sauterelle verte. Les mâles émettent leurs stridulations en frottant leurs ailes antérieures durcies l'une contre l'autre. Les femelles repèrent ces sons grâce à leurs tympans situés dans les pattes avant. Les mâles infatigables, chantent du crépuscule à l'aube pour attirer les femelles.

Télécharger le guide "Présentation 12 espèces d'insectes communs français"

Aider la survie des insectes : pourquoi et comment ?

Maintenant que l’on a eu un bel aperçu du monde fascinant des insectes, de leur diversité et originalité, on va s’intéresser à comment les aider.

Mais pourquoi devrait-on les aider d’abord ?

Car la 6ème crise d’extinction de masse n’épargne pas nos amis à 6 pattes. Environ 40% des espèces d’insectes sont aujourd’hui en déclin, un tiers d’entre elles sont menacées de disparition et chaque année, 15 000 espèces de plus le deviennent [3]. 

Les principales causes du déclin des insectes sont : la perte de leur habitat à cause de la déforestation, l’intensification de l’agriculture, l’urbanisation ; la pollution et l’utilisation de pesticides et de fertilisants qui les tuent ; les facteurs biologiques comme les pathogènes et les espèces invasives ; et enfin, le changement climatique [3].

Vous pouvez lire notre article sur la biodiversité pour avoir plus d’informations sur ce sujet.

Pourquoi un tel déclin des insectes est-il alarmant ?

Déjà, car des insectes dépend notre alimentation ! Par leur rôle de pollinisateurs, les insectes assurent, en effet, la production d’au moins 30% des végétaux que nous consommons mondialement. La pollinisation assurée par les insectes permet également la survie de nombreuses espèces végétales sauvages, qui sont, elles-mêmes, à la base de la chaîne alimentaire et permettent la vie de nombreux animaux herbivores, qui eux-mêmes assurent la survie des carnivores.

Par ailleurs, les végétaux sont des puits de carbone : ils consomment du CO2 pour vivre et permettent ainsi d’aider à réguler le climat (on vous explique mieux dans notre article à ce sujet) ! Dans le contexte de réchauffement climatique actuel, nous n’avons pas envie de perdre une partie de nos puits de carbone.   

Services écosystémiques

En plus de la pollinisation, les insectes assurent d’autres fonctions très importantes dans les écosystèmes (et rendent ainsi des services écosystémiques). Ils dégradent les déchets produits par les autres organismes (déjections, carcasses, et déchets végétaux). En enterrant et dégradant cette matière organique, ils permettent aux sols d’être fertiles et aux élevages d’animaux domestiques de ne pas être des dépotoirs. Ce service qu’ils rendent est donc également essentiel à l’agriculture.

Les insectes permettent aussi de réguler les populations de ravageurs de cultures, qui sont certes d’autres insectes pour une large part, mais qui pourraient voir leurs populations augmenter si les insectes « amis des cultures » (ou auxiliaires) venaient à disparaitre.

Enfin, les insectes servent d’aliment à de nombreuses autres espèces : les oiseaux comme on l’a vu dans le guide naturaliste sur ces derniers, mais aussi d’autres vertébrés (amphibiens, mammifères comme les chauves-souris, hérissons, musaraignes…). Leurs larves aquatiques sont également la ressource principale de beaucoup d’espèces de poissons. Imaginer les conséquences d’un déclin trop important des insectes donne le vertige.  Bon, alors, qu’est-ce qu’on fait pour les aider ?

BON À SAVOIR

ici on prend volontairement un point de vue "anthropocentré", c'est à dire que l'on se demande en quoi un tel déclin est alarmant pour les humains. Mais il est intéressant d'aussi de se rappeler que la perte de biodiversité, qu'elle ait des effet néfastes pour les humains ou non est un problème. Pourquoi, pour vivre, les humains devraient-ils être responsable du déclin des autres ?

Construire ses abris à insectes

Depuis ces dernières années, on voit apparaitre dans beaucoup de magasins et de jardins des « hôtels à insectes ». Mais qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des abris qui ont pour but d’attirer les insectes auxiliaires dans notre jardin, leur procurant un habitat où nicher et se reproduire. Ils sont souvent constitués de différentes « cases » qui abritent différents types d’éléments (des pommes de pin, des branches, des planches percées, des tubes de bambou, des briques…).

C’est très esthétique ! Mais est-ce vraiment utile ?

Comme vous vous en doutez, en matière d’écologie, rien n’est jamais simple. Les hôtels à insectes tels que vendus dans le commerce présentent un certain nombre de désavantages et sont rarement utilisés correctement. Ils sont plus pédagogiques qu’utiles à la biodiversité.

Tout d’abord, l’idée d’attirer et de faire loger toutes ces différentes espèces au même endroit est une fausse bonne idée. Dans la nature, tous ces organismes ne vivent pas dans le même immeuble et il y a de bonnes raisons pour cela.

Leurs nids sont petits et séparés, ce qui leur permet de ne pas se gêner et évite également la circulation des pathogènes et parasites d’un nid à l’autre. De plus, si un prédateur (par exemple, un oiseau) repère le grand hôtel à insecte et vient s’y restaurer : il va tout décimer d’un coup !

Si l’on souhaite héberger différentes espèces, il va donc plutôt falloir construire plusieurs abris différents que l’on disposera à différents endroits de notre jardin ou balcon. La première étape sera donc de se renseigner sur quels insectes vivent par chez nous, réfléchir à ceux que l’on voudrait abriter et ensuite, déterminer de quels types d’abris et d’habitats ils ont besoin.

En consultant le site de Promesse de fleurs, on apprend par exemple que pour aider les perce-oreilles, on utilisera un pot en terre cuite que l’on remplira de paille et que l’on suspendra dans un arbre (par exemple, un fruitier).

Pour les abeilles et guêpes solitaires, ainsi que pour les osmies, on prévoira des bûches ou planches épaisses que l’on percera de trous de différents diamètres (pour accueillir différentes espèces), ou encore des fagots de tiges creuses (par exemple bambou ou roseaux) ou de tiges à moelle (sureau, ronce, rosier).

On s’arrête ici mais ce n’est pas une liste exhaustive des abris que l’on peut construire ! Vous pouvez trouver plus d’informations sur internet, mais comme toujours : ayez un esprit critique et croisez vos sources afin d’être surs de ne pas faire de bêtises !

BON À SAVOIR

Attention à utiliser des matériaux naturels et non traités pour la construction de vos abris. Les traitements chimiques des matériaux (souvent avec des insecticides) seraient néfastes aux insectes. Renseignez vous sur les espèces qui vivent chez vous pour savoir quel diamètre de trou percer dans les essences de bois.

Une fois nos abris construits, on devra choisir avec précaution l’endroit où on les place. Un endroit calme du jardin, avec un accès facile pour se poser (pas de branches et feuilles qui gênent), avec une orientation vers le sud ou le sud-est (pour le soleil, les insectes sont ectothermes, leur température corporelle dépend de la température ambiante) et abrités du vent et de la pluie.

Il faut ensuite ne pas oublier d’entretenir nos abris. Pour ceux contenant de la paille : on devra changer la paille. Pour ceux avec des trous ou tiges bouchés à l’argile, si à la fin de l’été certains sont encore bouchés, il faudra vider le contenu de ces cavités (ou les remplacer si ce sont des fagots de tiges creuses).

Enfin, disposer des abris à insectes dans un jardin qui ne contient aucune ressource est inutile ! Il nous faut alors prévoir de quoi nourrir et abreuver les insectes (des fleurs à pollen et nectar, des réserves d’eau). On évite aussi bien sûr l’usage de pesticides (insecticides mais aussi fongicides et herbicides), qui vont décimer les insectes.

Bon, tout ça mis bout à bout, avoir des abris à insectes semble un peu fastidieux, non ? Surtout si l’on veut accueillir plusieurs espèces et faire les choses correctement. N’y a-t-il pas plus simple ?

Heureusement, si ! On peut tout simplement veiller à avoir un jardin qui soit favorable aux insectes : plus besoin d’abris, ils seront naturellement présents ! Découvrez avec nous comment faire ci-dessous.

Rendre son jardin insectes-friendly

Comment faire pour attirer l’entomofaune dans son jardin ? Rien de très sorcier : il faut s’assurer que notre jardin offre des abris et des ressources aux insectes. Le moyen le plus simple : ne rien faire. Laisser la nature s’installer toute seule, la flore indigène attirera naturellement les insectes et lui fournira des abris.

Bon, vous n’avez pas envie de voir votre jardin se transformer en jungle sauvage ? Vous pouvez quand même aider !

D’abord, sans laisser tout le jardin en friche, on peut décider de laisser une partie vierge de toute intervention.

Dans la partie « gérée », on peut choisir de planter des fleurs mellifères et nectarifères locales (car les espèces d’insectes locales ont besoin de leurs ressources locales). On pourra alors se renseigner sur quelles espèces d’insectes vivent chez nous et quelles sont les plantes dont elles raffolent.

Pour cela, on peut vous conseiller ce document de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) ou encore les sites de Jardiner autrement ou Terre vivante. On y apprend par exemple que pour favoriser les syrphes, on choisira de planter des coquelicots, de la menthe, des pâquerettes… Pour les coccinelles, se sera des orties, du sureau, des molènes ou encore du fenouil.

On peut aussi penser à planter des végétaux qui fleuriront à différents moments de la saison, comme ça on s’assure de proposer des ressources en continu.

De nombreux autres aménagements bénéficieront aux insectes

Par exemple, un tas de compost, des tas de feuilles mortes (qui enrichissent le sol et servent d’abri pour l’hiver, et peuvent en plus servir à pailler le potager !), des tas de bois mort laissés çà et là, des tas et murs en pierres …

Les haies sont aussi un outil écologique important. Elles abritent du vent, retiennent l’humidité et permettent de créer des microclimats favorables. On peut mettre plusieurs espèces d’arbres et arbustes dans sa haie pour pouvoir accueillir différentes espèces (fruitiers, baies, mais aussi arbustes à fleurs comme les rosiers). Ici encore, favorisons les essences locales.

De la même manière, ne tondez pas trop souvent ou trop ras, une tonte raisonnée permet de protéger la biodiversité. On laisse un peu de hauteur (6-8 cm), on ne tond pas tout le jardin en même temps, on laisse les résidus de tonte sur place (ou on s’en sert pour pailler les plantes et potagers).

Vous pouvez retrouver des conseils fournis par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) ici.  Au lieu de tondre, on peut faucher (c’est-à-dire, couper, et tardivement, pour laisser les refuges et ressources aux insectes plus longtemps !).

On a beaucoup parlé nourriture et abris, mais n’oublions pas la boisson ! On peut laisser de l’eau dans nos coupelles de pots de fleurs, mettre des points d’eau exprès (de faible profondeur et avec des cailloux au fond, sinon c’est la noyade).

BON À SAVOIR

Attention avec les abreuvoirs pour celleux vivants dans des zones à moustiques ! Les larves de ces derniers se développent dans l'eau stagnante, alors on évite dans ces régions ou bien on veille à changer l'eau très régulièrement pour ne pas être envahis !

De nombreuses larves d’insectes vivent dans le sol (par exemple, les perce-oreilles, la grande sauterelle…), pour garder un sol vivant, on ne le laboure donc pas ! On peut aussi creuser une marre, car de nombreuses espèces ont des larves aquatiques (comme les libellules).

Bien sûr, on proscrira les pesticides du jardin (et même à la maison), ou en tout cas, on limitera au maximum leur usage, et on ne s’en servira pas partout ! Leur pouvoir toxique est souvent à large spectre : ils ne ciblent pas un insecte mais tuent tous ceux qui sont en contact, auxiliaires comme ravageurs.

Pour conclure sur tout ça, les mots-clés d’un jardin insecte-friendly sont : naturel, sauvage (gestion modérée et raisonnée), hétérogène (différents milieux, différentes ressources) et non traité. Et en plus, c’est super joli !

Temps de travail cumulé : 110h
Auteurices : Elodie Portannier et Vincent Lhuillier
Illustratrice : Lisa Nicvert

Sources et références

Références citées dans le texte

[1] Insect Biodiversity: Science and Society (2009) Footit RG & Adler PH, Eds. Blackwell Publishing Ltd. doi: 10.1002/9781444308211

[2] Numbers of Living Species in Australia and the World, 1st edn (2006) Chapman AD, Ed. Australian Biological Resources Study.  ISBN: 9780642568502

[3] Sánchez-Bayo F, Wyckhuys KAG (2019) Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers. Biological Conservation 232: 8–27.

[4] Jardiner autrement – Construire un hôtel à insecte

Autres sources consultées 

Smith MR, Singh GM, Mozaffarian D, Myers SS (2015) Effects of decreases of animal pollinators on human nutrition and global health: a modelling analysis. Lancet 386: 1964–72.

Biesmeijer JC, Roberts SPM, Reemer M, Ohlemüller R, Edwards M, Peeters T, Schaffers AP, Potts SG, Kleukers R, Thomas CD, Settele J, Kunin SWE (2006) Parallel Declines in Pollinators and Insect-Pollinated Plants in Britain and the Netherlands. Science 313: 351-353.

Danièle Boone, Tribune Reporterre, 2019.

Jean-Baptiste Veyrieras, Journal du CNRS, Déclin des insectes : l’urgence d’agir.

Jardins de Noé, Laisser des abris naturels pour la faune du jardin

Marc Carlton, The Pollinator Garden, Make a bee hotel

Jo-Lynn Teh-Weisenburger, The entomologist lounge, Insect Hotels: A Refuge or a Fad?

Images

Aquarelles : Lisa Nicvert – Licence CC-BY-SA 4.0

Photographies © Vincent Lhuillier – Autorisation spéciale pour le Projet Pangolin

Photographies autres :

Nous sommes souvent subjugués par les connaissances de nos grands-parents en ce qui concerne les espèces présentes dans nos forêts. Nos générations ont quelque peu perdu ce lien à la nature et nous sommes nombreux à être (presque) incapables de faire la différence entre un hibou et un moineau. Pour y remédier nous vous proposons de découvrir ce premier guide du naturaliste sur le thème des oiseaux. L’objectif est de vous fournir assez d’informations pour que vous soyez capables de reconnaître une dizaine d’espèces d’oiseaux communs, mais aussi pour éveiller votre curiosité !

Pour ce faire, vous retrouverez tout d’abord la présentation de 12 espèces d’oiseaux rencontrées fréquemment en France. À la fin de ces présentations vous pourrez télécharger les fiches d'identités correspondantes ! 

Nous vous donnerons ensuite des astuces de nourrissage pour les aider à survivre à l’hiver.

Et enfin, nous vous présenterons quelques précieux conseils pour vous permettre d’installer des nichoirs adaptés aux oiseaux qui visitent vos jardins, et ainsi de participer à la diminution de la fragmentation de leur habitat.

Bonne lecture !

Quels oiseaux peut-on couramment observer  ? 

Geai des chênes 

Le geai des chênes (Garrulus glandarius) est un passereau de la famille des Corvidés. 

On retrouve cette espèce sur tout le continent eurasiatique et en Afrique du nord, aussi bien en plaine qu’en moyenne montagne (jusqu’à 1400 m d’altitude). 

Le geai des gênes a une préférence marquée pour les forêts de feuillus (e.g. hêtre, chêne, châtaignier, etc), mêlés ou non avec des conifères (e.g. pin, sapin, etc). On le rencontre aussi dans les parcs et bosquets, à condition que ceux-ci soient arborés. En dehors de sa période de reproduction, son habitat s’élargit et vous pourrez le rencontrer dans des milieux semi-ouverts tels que vos jardins, milieux agricoles et urbains (mais toujours arborés !).  

Il se nourrit d’une grande diversité d’aliments, on le qualifie donc d’omnivore. Bien qu’il raffole des glands (i.e. les fruits du chêne), son alimentation varie selon la saison. Du printemps jusqu’au début de l’été, il consomme de nombreux petits vertébrés tels que des lézards, campagnols et mulots. À l’automne et en hiver, il opte plutôt pour une alimentation à base de végétaux.

Vous pourrez observer cette espèce tout au long de l’année en France car il n’est pas migrateur. Mais il faut savoir qu’il peut le devenir si les conditions climatiques ne sont pas favorables (épaisse couche de neige par exemple). 

Reconnaître le geai des chênes

Le geai des chênes est facilement reconnaissable grâce à son plumage atypique et très coloré. Il arbore une belle couleur brun-beige sur la plus grande partie de son corps, avec des nuances de rose. On distingue la tête, vivement colorée, avec une nuance de brun-beige qui tend vers le roussâtre. Le ventre, tout comme le dos, sont gris rosé pâle. Ses ailes sont majoritairement noires, avec une tache d’un bleu très vif que l’on peut facilement repérer lorsque les ailes sont fermées, et derrière laquelle une tâche blanche de plus petite taille vient prendre place. 

Il n’y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce, c’est-à-dire que tous les individus (i.e. mâles, femelles) ont les mêmes caractéristiques physiques. Les mâles sont simplement parfois un peu plus grands que les femelles. 

Le saviez-vous ? Geai des chênes

Cet oiseau porte le nom de "geai des chênes parce qu'il est particulièrement friand des fruits produits par ces arbres, les glands. Il est également qualifié de sentinelle des forêts en raison des cris d'alarme stridents qu'il pousse quand un danger d'approche.

Pie bavarde

La pie bavarde (Pica pica) appartient, comme le geai des chênes, à la famille des Corvidés. 

Cette espèce est retrouvée dans absolument toute l’Eurasie, comme le montre cette carte de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN). 

Elle vit aussi bien dans les campagnes que les villes, en milieux ouverts et semi-ouverts tels que les bosquets, bois clairs, parcs et jardins. 

Elle est omnivore et se nourrit majoritairement d’insectes, mais aussi de lézards, jeunes amphibiens ou petits mammifères. Elle consomme parfois des graines, des fruits, et peut s’attaquer aux œufs et/ou poussins d’autres oiseaux, notamment de passereaux. Elle peut aussi être nécrophage et ainsi aider à nettoyer les carcasses d’animaux en bords de routes ou en campagne. Grâce à ses grandes capacités d’acclimatation, on peut également l’observer se servir dans les ordures ménagères !

Ce n’est pas une espèce migratrice, vous pourrez donc l’observer toute l’année dans nos contrées. 

Reconnaître la pie bavarde

La pie bavarde est très facile à reconnaître. Elle est noire avec le ventre blanc, a une longue queue et des reflets irisés vert-bleu à la lumière sur ses plumes noires. Son bec est noir également et en vol, le bout de ses ailes est blanc. Le mâle et la femelle se ressemblent beaucoup, il n’y a pas de dimorphisme sexuel. 

Le saviez-vous ? - Pie bavarde

Saviez-vous que la pie bavarde a une réputation de voleuse, accusée de voler des objets, particulièrement ceux qui brillent ? Légende ou réalité selon vous ? Une étude parue en 2015 (Shepard et al.) a montré que la pie n'est pas particulièrement attirée par les objets qui brillent. Cette réputation lui viendrait probablement du fait que la pie est souvent observée dérobant des éléments du nid de ses congénères.

Pic épeiche 

Le pic épeiche (Dendrocopos major) appartient à la famille des Picidés et est le plus répandu des pics dits bigarrés (i.e. au plumage coloré de noir, blanc et rouge). Il est présent sur l’ensemble du continent eurasiatique, à l’exception de l’Irlande. 

Cet oiseau est un forestier ubiquiste, c’est-à-dire qu’il fréquente des milieux forestiers divers et variés et ce d’une altitude nulle (niveau de la mer) jusqu’à plus de 2000 mètres. 

Il se nourrit de divers aliments qui changent avec les saisons. Au printemps et en été, son régime est plutôt insectivore. Grâce à son bec et sa longue langue, il extirpe les larves de nombreux insectes directement des troncs et des branches et s’attaque aussi aux fourmilières. À la mauvaise saison, il continue de se nourrir de larves qu’il trouve dans le bois tout en se mettant à la recherche de graines et fruits riches en lipides (e.g. faines).  

Le pic épeiche est le plus souvent sédentaire, vous pourrez donc l’observer toute l’année en France. Quelques déplacements locaux peuvent cependant être réalisés, lorsque les ressources alimentaires dans la forêt de résidence se font rares par exemple.

 

Reconnaitre le pic épeiche

Il est facile à reconnaître grâce à son plumage atypique et coloré, dit « bigarré ». Le dos et les ailes sont noirs, et une large tache blanche est présente sur les épaules. Le dessous de son cou, ainsi que la partie supérieure de son ventre, sont blancs. Son bas ventre est en revanche d’un rouge vif très caractéristique. La tête est blanche également, et il y a sur son sommet une très large calotte noire allant du bec jusqu’à quasiment le sommet du crâne. Enfin, une petite calotte rouge vive sur le haut de la tête permet de distinguer le mâle de la femelle. 

Le saviez-vous ? Pic épeiche

il peut marteler un arbre jusqu'à 15 coups par seconde. Cet oiseau a aussi une méthode bien à lui pour ouvrir les graines dures puisqu'il les coince dans une fente d'écorce et tape dessus avec son bec jusqu'à ce qu'elles éclatent.

Pic vert 

Tout comme le pic épeiche, le pic vert (Picus viridis) appartient à la famille des Picidés. On le retrouve dans toute l’Eurasie, sauf au nord des pays Scandinaves et sur les îles Méditerranéennes (Corse, Sardaigne, Sicile). 

On peut trouver le pic vert aussi bien en plaine qu’en montagne, jusqu’à 2000 m d’altitude. Il affectionne les bois et forêts de feuillus et mixtes, ainsi que les zones cultivées avec pâturages. On peut aussi le retrouver dans les grands parcs et des zones plus ouvertes comportant des bosquets ou des haies en milieux urbains. Ce qui lui importe le plus est l’alternance de zones boisées et de zones ouvertes (clairières, lisières et zones herbeuses pour la recherche de nourriture) et la présence de vieux bois. Il aime s’installer dans les parcelles avec des feuillus âgés de 150-200 ans ! 

Les zones herbeuses sont importantes pour le pic vert car il se nourrit majoritairement de fourmis. Il mange aussi d’autres insectes xylophages (qui mangent du bois) ou insectes tout court (perce-oreilles, cloportes, araignées, guêpes). Il peut parfois se nourrir de fruits et de graines (céréales, conifères, chênes). 

Ce n’est pas une espèce migratrice, il est donc observable toute l’année en France. 

Reconnaître le pic vert

Le pic vert porte bien son nom puisqu’il est vert ! Le dessus de la tête (calotte) est rouge, le ventre est jaunâtre, ses rémiges et rectrices (plumes des ailes et de la queue) sont striées de noir. Son bec est jaunâtre avec la pointe sombre. Pour distinguer le mâle de la femelle il faut pouvoir observer sa tête en détails : le mâle a une amande rouge au niveau de la moustache (cou, à côté du bec) alors que la femelle non (amande noire). Attention à ne pas le confondre avec le pic cendré (Picus canus) qui, lui, n’a pas de calotte rouge. 

Le saviez-vous ? Pic vert

Afin de chasser les fourmis et de les débusquer dans leurs fourmilières, le pic vert a une langue très longue, qu'il peut sortir d'une dizaine de centimètre.

Pinson des arbres 

Le pinson des arbres (Fringilla coelebs) est un passereau commun de la famille des Fringillidés.  

Originaire de l’ouest du continent eurasiatique, son aire de répartition s’étend aujourd’hui sur l’ensemble de ce dernier, ainsi que dans l’extrême nord de l’Afrique et la majeure partie de l’Amérique du Nord.  

Bien que décrit comme une espèce forestière, le pinson a su s’adapter à tous les milieux arborés  (forêts, parcs et jardins, du niveau de la mer jusqu’à la limite supérieure de la forêt en altitude).  

Omnivore, son régime alimentaire varie en fonction des saisons. À la belle saison, les insectes et leurs larves constituent la plus grande part de son alimentation alors qu’à la mauvaise saison, comme le pic épeiche, il recherche surtout graines, fleurs et bourgeons qui sont des ressources riches en protéines et glucides. 

Cet oiseau est sédentaire, et est donc visible tout au long de l’année en France. Néanmoins, quand les conditions hivernales sont hostiles à sa survie (e.g. en Scandinavie), il peut migrer en direction de régions au climat méditerranéen. Des vagues de milliers d’oiseaux peuvent alors être observées ! 

Reconnaître les pinsons des arbres

Contrairement à ce que l’on a vu chez le geai et la pie bavarde, le dimorphisme sexuel est très marqué chez le pinson des arbres. Le mâle et la femelle présentent des caractéristiques physiques distinctes. Le mâle est « haut en couleur », avec un haut du dos brun-marron, une tête grise-ardoise bleutée, un front noir, des joues châtains, un croupion olive, et un sous-ventre d’un rose vineux. La femelle a un plumage beaucoup plus discret, qui présente de subtiles nuances de beige-gris. Le manteau est brun terne, la tête et son dessous arborent un beige grisé, et les ailes présentent un brun-verdâtre foncé et sont ponctuées de barres blanches. 

Le saviez-vous ? les pinsons des arbres

il faut environ 1300 voyages à la femelle pinson pour construire un nid qui se fond parfaitement dans son environnement.

Rossignol philomèle 

Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est un passereau discret de la famille des Muscicapidés.  

Il est présent sur l’ensemble du continent Eurasiatique, à l’exception de la Scandinavie et du Royaume Uni. On le retrouve également sur la quasi-totalité du continent Africain. 

Bien qu’il puisse occuper les jeunes forêts, le rossignol philomèle n’est pas un oiseau forestier mais un oiseau de transition. Il occupe donc des milieux tels que les lisières, autrement dit, des milieux pourvus d’une végétation basse et dense. Il démontre également une préférence marquée pour les fourrés humides et privilégie les habitats proches d’un cours d’eau. 

Il se nourrit principalement d’insectes et de fourmis qu’il capture directement au sol. Quand elles sont disponibles, il consomme également des baies et quelques graines. 

C’est une espèce migratrice, qui quitte son aire de reproduction (c’est-à-dire, l’Europe (sauf la Scandinavie), le Proche et Moyen-Orient, la Mongolie et le Maghreb) entre septembre et octobre, et atteint ses zones d’hivernage en Afrique tropicale entre la fin de l’automne et le début de l’hiver. Elle est donc présente en France entre fin avril, date de son retour d’hivernage, et fin octobre.  

Reconnaître le rossignol philomèle

Le rossignol philomèle est trapu, plus grand que le rougegorge dont il a l’allure. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce. Le plumage des parties supérieures est d’un beau brun chaud qui tend vers le brun-roux au niveau du croupion et de la queue. Ce brun-roux est également retrouvé sur la tête et la nuque. Les parties inférieures sont beige pâle, qui tend vers les teintes de sable sur les flancs.  

Le saviez-vous ?

Contrairement à une opinion répandue, le rossignol philomèle ne chante pas seulement la nuit. ll est simplement plus difficile de l'entendre en journée car le chant d'autres passereaux plus "bruyants" viennent souvent étouffer le sien.

Rougegorge familier 

Le rougegorge familier (Erithacus rubecula) est un passereau qui appartient aussi à la famille des Muscicapidés. 

Il est présent majoritairement en Europe, mais on le retrouve sur une grande partie du continent Eurasien ainsi qu’en Afrique du Nord. 

Il vit dans tous les types de forêts (de feuillus, mixtes, de conifères) mais on peut aussi le rencontrer dans de nombreux habitats boisés comme les haies, les taillis, les parcs et les jardins. Il n’est pas difficile ! Il suffit que la végétation soit assez épaisse. 

Les rougegorges familiers se nourrissent de petits fruits (baies), d’invertébrés (vers de terre, araignées, escargots) mais aussi de petites graines qu’ils trouvent au sol. Ils sont donc incapables de s’alimenter sur une boule de graisse suspendue. 

Bien que les populations vivant le plus au Nord soient migratrices et se déplacent donc en hiver pour rejoindre des zones plus chaudes (comme le pourtour méditerranéen), en France, on peut apercevoir les rougegorges familiers toute l’année. 

Reconnaître le rougegorge

Comme leur nom l’indique, ils sont facilement identifiables grâce à leur grande tache rouge-orangée au niveau de la gorge et de la poitrine. Leurs yeux sont des petites billes entièrement noires. Leurs dos et ailes sont bruns et la jonction entre la poitrine et le dos est de couleur grise. Les mâles et les femelles sont identiques. 

Le saviez-vous ?

Cet oiseau est très peu craintif des humains et il est assez courant d'en attirer sur nos balcons avec des miettes de pain. Malgré son aspect très sympathique, il est considéré comme un oiseau très agressif (en tout cas envers ses congénères). En effet, ce sont es oiseaux territoriaux. Il est donc fréquent de les croiser en conflit, chaque adversaire bombant son plastron rouge et sifflant assez fort.

Mésange noire 

Les mésanges noires (Periparus ater) sont des passereaux qui appartiennent à la famille des Paridés. On les retrouve sur tout le continent Eurasien et dans quelques régions d’Afrique du Nord. 

Elles vivent principalement dans les forêts de conifères (sapins, pins, épicéas, etc). Si elles s’installent dans les forêts mixtes elles chercheront toujours les coins où il y a des conifères, et il en ira de même si elles visitent vos jardins. 

En été, les mésanges noires se nourrissent principalement d’insectes divers et variés, mais en hiver elles changent d’alimentation et optent pour des graines de conifères. 

C’est une espèce partiellement migratrice, ce qui signifie que certaines migrent vers le sud en hiver, parfois en très grand nombre. D’autres font le choix de s’établir toute l’année sur le même territoire et prennent le risque de manquer de nourriture et d’avoir des difficultés à survivre au froid. Il est fréquent de les apercevoir tout au long de l’année sur le territoire français puisque certaines sont sédentaires.

Reconnaître la mésange noire

Vous pourrez reconnaître ces oiseaux grâce à leur casque noir et aux taches blanches sur leurs joues. Elles ont une bavette (tache sous le bec) noire, le ventre gris clair/blanc et leur dos est gris olivâtre. On considère que les femelles et les mâles sont identiques, il est donc possible de les différencier uniquement lorsque nous sommes très habitués à les observer.

Le saviez-vous ?

Les mésanges noires qui se sédentarisent prennent le soin de constituer des réserves de nourriture qu'elles cachent au sommet des arbres. En effet, elles vont dissimuler des graines dans des bourgeons vides ou dans des fissures d'écorce.

Mésange bleue 

Tout comme la mésange noire, la mésange bleue (Cyanistes caerules) est un petit passériforme appartenant à la famille des Paridés. L’espèce se retrouve essentiellement en Eurasie et majoritairement du côté Européen. Sa distribution s’étend jusqu’en Asie mineure et au nord de l’Afrique via une sous-espèce locale. 

Cet oiseau vit essentiellement dans les forêts de feuillus, mais également (bien qu’en densité plus faible) dans des forêts mixtes (mélange de conifères et de feuillus). La mésange bleue est également très répandue dans les parcs et en milieu urbain.

Le régime alimentaire de la mésange bleue varie en fonction des saisons. Pendant les beaux jours, elle suit un régime essentiellement insectivore, mais une fois la belle saison achevée, elle devient granivore-frugivore car les insectes ne sont plus disponibles. 

L’espèce est sédentaire en France et peut donc être observée toute l’année. 

Reconnaître la mésange bleue

Pour la reconnaître, c’est facile, tout est dans le nom ! Elle arbore un plumage d’une couleur bleutée au niveau de la queue, des ailes et au sommet du crâne (calotte), ainsi qu’un ventre jaune citron. Les joues et le front sont blancs et elle présente un trait sourcilier noir entourant son œil et allant de part et d’autre de la tête. Elle a aussi un autre trait noir le long de la gorge, sous le bec, faisant contraste avec le blanc de la tête. Il est possible de distinguer le mâle et la femelle en comparant la couleur des calottes. Celle du mâle arbore un bleu bien plus marqué que celle des femelles. Attention cependant à ne pas confondre la mésange bleue avec la mésange charbonnière. La mésange charbonnière a une calotte noire et pas de front blanc (il n’y a donc pas de trait sourcilier). 

Le saviez-vous ?

La mésange bleue met des fragments de plantes odorantes dans son nid (comme la lavande ou l'immortelle). Des chercheureuses de l'Université de Montpellier ont montré que cela permettait de réduire la quantité de bactéries présentes dans le nie et donc de protéger les poussins.

Moineau domestique 

Les moineaux domestiques (Passer domesticus) sont eux aussi des passereaux, mais appartenant à la famille des Passéridés. 

Ces oiseaux possèdent une aire de répartition impressionnante puisqu’on les retrouve pratiquement sur tous les continents (sauf le Groenland et l’Antarctique) ! 12 sous-espèces sont dispersées sur la surface du globe, dont la majorité ne migre pas. Seules 2 sous-espèces asiatiques sont migratrices.

Le moineau domestique est une espèce dite « anthropopile », c’est-à-dire qu’il vit beaucoup dans les zones occupées par les humains. On le verra donc partout en ville, en campagne dans les villages, hameaux et fermes isolées. Tout ce dont il a besoin c’est de végétation et de présence humaine. 

Il consomme généralement beaucoup de graines, de bourgeons et parfois quelques invertébrés. Cependant, il est opportuniste et comme il est très présents en ville ou aux abords des zones occupées par les humains, il sait tirer profit de nos activités (agriculture,  détritus…).

On retrouve les moineaux domestiques toute l’année en France. Ils sont très facilement observables, et présents en grande densité. Il y a d’ailleurs de fortes chances pour que vous ne les remarquiez même plus !

Reconnaître les moineaux

Chez cette espèce, le dimorphisme sexuel est très marqué. La femelle possède des couleurs moins contrastées que le mâle. Ils ont tous deux le dos marron et rayé (noir). La femelle a le bec brun, ainsi que la tête avec un « sourcil » plus clair. Le mâle a le bec noir, la tête grise avec une « bavette/gorge » noire. Attention à ne pas le confondre avec le moineau friquet (Passer montanus) qui lui ressemble beaucoup ! Contrairement au moineau domestique, le moineau friquet vit plutôt dans les champs et en campagne. De plus, ce dernier a une calotte brune et des joues blanches avec une tache noire alors que le domestique a une calotte grise et pas de taches sur les joues. Le moineau friquet a aussi une bavette bien délimitée, qui ne s’étend pas sur le ventre alors que le moineau domestique a une bavette noire plus « diffuse » qui descend jusqu’au ventre. 

Le saviez-vous ?

Au cours d'une même saison de reproduction, cette espèce peut produire jusqu'à 4 nichées de 2 à 8 oeufs ! En effet, le mâle et la femelle couvent ensemble durant une quinzaine de jours puis nourrissent les petits pendant 2 semaines après éclosion. Deux semaines après l'envol, ils peuvent donc se relancer dans une autre nichée. Et ainsi de suite jusqu'à 4 nichées/an.

Bergeronnette grise 

Les bergeronnettes grises (Motacilla alba) sont aussi des passereaux, mais de la famille des Motacillidés.

Ces oiseaux `sont présents sur tout le continent Eurasiatique, en Amérique du Nord, en Océanie et sur la quasi-totalité du continent Africain. En hiver, les populations établies le plus au Nord migrent vers des climats plus favorables.

On retrouve souvent la bergeronnette grise au bord des cours d’eau. Elle affectionne les zones ouvertes, les grands espaces, qu’ils soient sur les étendues d’eau, en campagne ou plus en milieu urbain comme les friches industrielles. Elle recherche les zones avec peu de végétation ou une végétation rase, les parcs et jardins peuvent donc aussi lui convenir, du moment qu’elle y trouve de quoi se nourrir. 

Elle se nourrit d’insectes (au sens large, tout ce qui lui passe sous le bec !) et pratique différentes méthodes de chasse. Elle peut ainsi chasser les diptères (e.g. les mouches, les moustiques), les coléoptères ou encore les fourmis, que ce soit au sol, sur de la végétation flottante ou en vol. 

Étant une espèce partiellement migratrice, on retrouve la bergeronnette grise partout en France en été mais en hiver, elle ira plus au sud dans le pourtour Méditerranéen et en Afrique (jusqu’en Afrique centrale). Les plus chanceux d’entre nous pourrons néanmoins observer quelques individus dans l’ouest du pays.

Reconnaître la bergeronnette grise

Pour la reconnaître, il faut regarder sa queue. En effet, les bergeronnettes se distinguent principalement par une longue queue noire et blanche qu’elles agitent de bas en haut fréquemment. Elles ont le dos gris, les ailes rayées noire et blanche, le ventre blanc et une bavette noire. Le haut de leur tête (la calotte) est noir et un bandeau blanc habille leur face. 

Le saviez-vous ?

Il est fréquent d'observer les bergeronnettes en groupe, elles sont très sociales sauf pendant les périodes de reproduction. Elles deviennent territoriales et se mettent donc à défendre ardemment leur zone de nidification.

Merle noir 

Le merle noir (Turdus merula) appartient à la famille des Turdidés. Il est présent dans toute l’Eurasie et au nord de l’Afrique. 

On peut le trouver dans divers milieux : forêts, bois, jardins, parcs et bocages. Il préfère la présence d’arbres feuillus mais on le retrouve parfois dans les forêts mixtes et de conifères. Il vit aussi bien en ville qu’à la campagne, et même à la montagne jusqu’à 1600 m d’altitude. 

Le merle noir est omnivore et s’alimente essentiellement au sol. Son régime alimentaire est composé en majorité de vers de terre (de nombreuses espèces différentes) mais aussi d’insectes et larves d’insectes, et de beaucoup de fruits lorsque ceux-ci sont mûrs sur les arbres et arbustes. 

C’est un migrateur partiel, s’il est sédentaire (et donc présent en continu) dans l’ouest de l’Europe (et donc en France où vous le verrez toute l’année) et au nord de l’Afrique, on le trouve en Biélorussie, Ukraine et Russie seulement en été. Il en va de même pour la Scandinavie. Les populations de ces pays migrent dans l’ouest de l’Europe pour hiverner (de septembre à avril). 

Reconnaître le merle noir

Le merle noir est… noir, oui, mais seulement le mâle ! Au printemps et en été (pour la reproduction) il a un bec et un cercle oculaire jaunes. Il peut être confondu avec l’étourneau mais ces deux espèces diffèrent par leur comportement : le merle est solitaire alors que l’étourneau est grégaire. Le merle a aussi une longue queue qu’il lève et abaisse lentement, et a un moyen de se déplacer singulier : il sautille à pattes jointes lorsqu’il est au sol cherchant sa nourriture. La femelle est brune et a un plumage tacheté. Son bec est foncé. 

Le saviez-vous ?

Il est possible d'observer des merles noirs blancs. Ces individus, atteints de leucisme (une anomalie génétique responsable de troubles de production de mélanine), peuvent être tout blanc ou bien partiellement blanc. Il semblerait que cela soit plus fréquent en ville qu'à la campagne (Izquierdo et al. 2019)

Télécharger le guide "Présentation 12 espèces d'oiseaux communs français"

Nourrir les oiseaux en hiver : pourquoi et comment ? 

Maintenant que vous connaissez les oiseaux de vos jardins, vous souhaitez les aider à passer un meilleur hiver ? Vous pouvez ! Par exemple, en leur proposant de la nourriture. En effet, le manque de nourriture est la première cause de mortalité des oiseaux pendant l'hiver. Mais attention, il y a quelques règles à respecter et quelques recommandations à connaître. On vous dit tout dans la suite ! 

A quelle période pouvons-nous nourrir les oiseaux ?

Il est conseillé de nourrir les oiseaux uniquement durant la mauvaise saison (de mi-novembre à mars), et ce particulièrement lors des épisodes de grands froids (ou de couvert neigeux prolongé). C’est en effet durant cette saison qu’une grande partie des espèces adopte un régime alimentaire plutôt granivore et/ou frugivore en raison du peu d’insectes disponibles. Mais graines et fruits ne sont pas abondants non plus durant l’hiver qui est une période particulièrement rude pour les oiseaux qui doivent dépenser beaucoup d’énergie pour se réchauffer. Un petit coup de pouce pour les aider à trouver de quoi manger favorise donc grandement leur survie. 

Attention cependant !

Il est essentiel d’avoir à l’esprit que si l’on commence à nourrir pendant un épisode de froid, il ne faut surtout pas s’arrêter en cours de route. Il faut également veiller à ce que la nourriture soit présente en quantité suffisante. Vous devez donc nourrir tout l’hiver, et être particulièrement vigilant quant à la quantité de ressources que vous leur fournissez pendant les épisodes neigeux et/ou de grand froid. 

À l’inverse, il est inutile et déconseillé de nourrir pendant la belle saison (printemps-été) puisque la majorité des oiseaux retournent à leur régime alimentaire insectivore. Ce régime riche en protéines est très important pour eux et leurs oisillons (notamment pour leur croissance). Il ne faut donc pas les détourner de ce régime alimentaire en leur mettant graines et fruits à disposition.  

Il ne faudra pas non plus leur donner d’insectes puisque c’est également durant cette période que les oisillons apprennent à se nourrir par eux-mêmes. Vous pouvez (et il est même conseillé de le faire), en revanche, donner de l’eau fraîche aux oiseaux toute l’année, particulièrement l’été mais aussi en hiver quand il gèle car l’eau liquide est alors difficilement disponible dans la nature.

Quelle mangeoire choisir ? 

En fonction des espèces, différents types de mangeoires peuvent être utilisées. Le format le plus répandu est sans aucun doute le filet suspendu. Très simple, comme son nom l’indique, il s’agit d’un filet suspendu contenant graines et/ou boules de graisse. Il sera uniquement utilisé par les espèces les plus agiles telles que les mésanges. Ceci dit, ce type de support n’est pas idéal, voire même déconseillé, car les oiseaux peuvent rapidement s’emmêler et se retrouver bloqués dans le filet.

Une alternative est le plateau. Placé en hauteur, il est ouvert à la grande majorité des espèces (attention à bien ajouter un toit afin de protéger la nourriture). Vous pouvez aussi utiliser une mangeoire trémie : il s’agit d’un dispositif simple avec une réserve de nourriture qui s’écoule au fur et à mesure que les oiseaux se nourrissent (comme les distributeurs de croquettes pour chats !). Enfin, vous pouvez aussi nourrir au sol. À ce moment-là, il faudra quand même privilégier l’usage d’un plateau (sauf pour les fruits) afin d’éviter que les graines ne restent en contact avec le sol humide. 

Les mangeoires deviennent rapidement des zones d’affluence pour les oiseaux.

Il faut être vigilant, car en cas de forts rassemblements, les mangeoires peuvent ainsi devenir des lieux de propagation de maladies. Il est donc nécessaire de suivre quelques règles essentielles afin de ne pas rendre nuisible l’action de nourrissage hivernal :

- placer la mangeoire dans une zone ouverte pour éviter les possibilités d’accès ou de cachettes pour les prédateurs naturels tels que les chats ou les fouines,

- utiliser des mangeoires spécifiquement conçues pour cette activité qui permettent de réguler “le trafic” et ainsi de limiter le nombre d’oiseaux présents simultanément

- protéger la nourriture de l’humidité et du gel, avec un toit par exemple

- nettoyer régulièrement la mangeoire et ses environs 

- si un abreuvoir est ajouté (attention, maximum 10 cm de profondeur pour éviter le risque de noyade), le nettoyer et renouveler l’eau régulièrement. 

Pour quelles espèces un nourrissage peut être utile ?

Les mangeoires n’attirent que quelques espèces d’oiseaux. On retrouvera majoritairement des passereaux (mésanges, moineaux, pinsons …). En fonction des sources de nourriture apportées, d’autres familles moins communes telles que les turdidés (grives, merles) ou des corvidés (geai, pie, corneille) pourront se joindre à la fête. Vous pouvez retrouver une liste (non exhaustive) sur oiseauxdesjardins.net.

Et qu’est-ce qu’on leur donne à manger ? 

Il existe trois grands types de nourriture que l’on peut distribuer aux oiseaux durant l’hiver :

Les graines

Privilégier les graines de tournesol dans les mangeoires pour les mésanges, pinsons ou verdiers ;  de blé ou d’orge pour les espèces se nourrissant au sol tels que les moineaux ou les bruants. On peut également réaliser des mélanges de graines afin de varier l’alimentation et d’attirer plusieurs espèces simultanément (exemple : 1/3 de tournesol noir, 1/3 de cacahuètes, 1/3 de maïs concassé). Attention, il faut toujours utiliser des graines non grillées et non salées ! Ce n’est pas l’apéro du dimanche 😉 Vous pouvez trouver un récapitulatif très complet ici

Les fruits

Certaines espèces sont majoritairement frugivores (grives et merles par exemple), dans ce cas, on peut disposer directement au sol des fruits bien mûrs (pommes, poires, raisins). Ils seront consommés rapidement, avant même de commencer à moisir.

Les graisses

Les pains de graisse sont également des sources nutritives de premier choix, surtout lors des périodes de grand froid. Il convient alors d’utiliser au maximum des graisses végétales (hors huile de palme). Il est également possible de proposer des graisses animales (suif de bœuf ou lard de porc) mais en veillant bien à utiliser des produits non salés. En plus, vous pouvez fabriquer les pains de graisse à la maison, c’est très simple, amusant et utile ! Voir tuto juste en dessous ! 

Pourquoi et comment installer des nichoirs pour les oiseaux ? Tout savoir ! 

Les sites de nidification disponibles pour les oiseaux (cavités dans les arbres, trous et fentes dans les murs, buissons épais, etc) se font de plus en plus rares, et ce aussi bien en ville qu’à la campagne. Nos activités anthropiques, à travers nos constructions nombreuses (bâtiments, réseaux routiers, etc) viennent fragmenter l’habitat des oiseaux et tendent à faire disparaître bon nombre des lieux utilisables par ces derniers pour se loger et donc se reproduire. Pour les aider, nous pouvons venir reconnecter leur habitat et leur offrir des sites de nidification adaptés à leurs besoins en installant des nichoirs dans nos jardins et parcs. 

Pour permettre aux oiseaux de venir occuper le nichoir que vous leur aurez installé, il est important de respecter quelques grands principes, aussi bien au niveau de la construction, que de l’installation.

Les règles d’or pour construire votre nichoir :
Les règles d’or pour l’installation et l’entretien de votre nichoir :

Sachez enfin qu’il existe 3 principaux types de nichoirs :

Retrouvez toutes ces bonnes pratiques, ainsi qu’un guide complet pour savoir quel type de nichoir proposer aux espèces d’oiseaux communs que nous vous avons présenté dans cet article, juste ici : 

Nous espérons que ce premier guide du naturaliste vous invitera à vous intéresser de plus près aux espèces qui vous entourent. La biodiversité ordinaire est importante pour nos écosystèmes et notre santé (comme le dit Enric Sala). Se familiariser avec elle nous rend plus sensible à sa protection. Il est de notre devoir à tous de renouer un lien fort et durable avec ces organismes. Vous retrouverez d’autres guides du naturaliste prochainement sur notre site web. D’ici là, on vous souhaite de rester curieux pour comprendre le monde afin de devenir acteur de sa préservation ! 


Temps de travail cumulé : 100h
Autrices : Laura Touzot, Élodie Portanier et Salomé Bourg
Illustrations : Laura Touzot et Salomé Bourg
Photographies : Thomas Januel et Pixabay
est un média scientifique indépendant par des jeunes chercheureuses toujours à la recherche de bénévoles
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