GUIDE DU NATURALISTE #3 : 12 arbres communs et remarquables de France

Nous continuons notre exploration de la biodiversité ordinaire en allant à la rencontre du végétal et plus précisément des arbres. L’objectif de ce troisième guide naturaliste est de vous familiariser avec cette partie des organismes vivants. On l’oublie trop souvent mais le végétal est bel et bien vivant ! Il ne fait pas uniquement partie du décor ! 

Vous retrouverez tout d’abord des informations générales sur la biologie des arbres. En effet, ils sont loin de fonctionner comme nous et quelques présentations sont de rigueur.

Ensuite vous découvrirez la présentation de 12 espèces d’arbres fréquemment rencontrées en France afin d’apprécier encore plus vos prochaines balades en forêt. Comme toujours, vous pourrez télécharger les fiches d’identités correspondantes pour vous aider à reconnaître ces espèces sur le terrain.

Puis, nous vous dévoilerons comment une haie dans votre jardin peut représenter un atout pour la biodiversité. Enfin, nous changerons votre vision sur le bois mort. À la fin de cet article vous ne le considérerez plus comme un déchet mais comme une ressource !

Bonne lecture ! 

Biologie générale des arbres

Comme tous les organismes, les arbres ont un cycle de vie complexe et pour l’accomplir, l’évolution les a dotés de mécanismes incroyables ! Voyons-en quelques-uns ensemble. 

D’abord, les arbres boivent et mangent. Leur nutrition se fait de plusieurs manières : via les racines bien sûr, dont l’allongement et la ramification permettent à l’arbre de prospecter le sol pour en tirer le maximum de ressource. Ainsi, ils sont en capacité d’absorber l’eau et les élément minéraux contenus dans le sol. Ils utilisent aussi leurs feuilles pour se nourrir. Non, ils ne mangent pas de l’air. Mais ils « mangent » du soleil ! Ils utilisent en effet la photosynthèse pour produire des glucides.

Pour réaliser la photosynthèse, il faut de l’énergie solaire, du CO2 et de l’eau. Les arbres synthétisent alors des glucides qu’ils consomment et de l’oxygène qu’ils relâchent dans l’air. C’est pour cela que les arbres et forêts sont des puits de carbone ! Et sont essentiels à la régulation du climat. 

La photosynthèse se fait au sein des chloroplastes, des petites entités héritées des cyanobactéries présentes dans les cellules des arbres et qui contiennent de la chlorophylle (un pigment vert, qui rend donc les feuilles vertes). C’est la chlorophylle qui absorbe l’énergie lumineuse et permet la photosynthèse. 

Les ingrédients nécessaires à la photosynthèse proviennent de différents endroits. 

L’eau est absorbée au niveau des racines. L’absorption d’eau et des minéraux compose ce que l’on appelle la sève brute. Cette dernière circule, à la manière du sang chez nous, dans des vaisseaux (le xylème) et irrigue tout l’arbre, depuis les racines jusqu’aux feuilles, en passant par le tronc. Chez nous, c’est le cœur qui sert de pompe et qui fait circuler le sang. Chez les arbres, la sève brute monte des racines aux feuilles grâce à plusieurs mécanismes : 

  • La poussée racinaire : les racines absorbent de l’eau, remplissant les vaisseaux et poussant ainsi la sève vers le haut
  • La capillarité : car le xylème est composé d’une multitude de vaisseaux très fins qui permet, par capillarité, la montée de la sève
  • L'évapo-transpiration : au niveau des feuilles, l’arbre évapore de l’eau. Cela crée une aspiration qui fait monter la sève.

Le CO2 est quant à lui absorbé au niveau des feuilles. En effet, les échanges gazeux chez les arbres (qui n’ont pas de poumons) s'effectuent en grande partie au niveau de ce que l’on appelle les stomates : des pores présents sur les feuilles. Une fois dans la plante, les gaz circulent par diffusion au travers des tissus grâce à des différences de pression. C’est comme ça que le CO2 nécessaire à la photosynthèse arrive jusqu’aux chloroplastes !

Via ces stomates, l’arbre absorbe également du dioxygène (O2) : il respire, comme tous les végétaux. Il consomme alors de l’O2 et rejette du CO2, comme nous. Cette respiration permet à l’arbre d’assurer la création de nouveaux tissus, grandir, se réparer... vivre. 

Arrivé à un certain âge, l’arbre va également être en mesure de se reproduire. Pour cela, il va fleurir : les fleurs contiennent les organes reproducteurs. Les pistils sont les organes femelles, ils contiennent les ovules. Les étamines sont les organes mâles et produisent le pollen. Selon les espèces, un même arbre va porter des fleurs mâles et femelles (espèces monoïques, comme le sapin) ou bien les fleurs mâles et femelles seront sur deux individus différents (espèces dioïques, par exemple le ginkgo). Les fleurs peuvent également être hermaphrodites : une seule fleur porte les organes mâles et femelles comme c’est le cas chez le merisier. 

Une fois les fleurs sorties, la fécondation peut avoir lieu. Pour cela, le pollen va devoir rencontrer les ovules. Certaines espèces sont autofécondes : le pollen et les ovules d’un même individu se rencontrent. Chez d’autres espèces, le pollen d’un autre arbre vient féconder les ovules d’un autre arbre. Pour faire voyager ce pollen, il y a plusieurs options : le vent (on parle d'anémogamie), les animaux (on parle de zoogamie) ou encore l’eau (hydrogamie). 

Les ovules fécondés vont ensuite produire des graines. Selon les espèces, ces graines vont être comprises au sein de fruits, ou non. 

Maintenant que l’on sait tout ça, apprenons-en plus sur les espèces que l’on peut observer en France ! 

Quels arbres sont communs en France ?

Le chêne pédonculé

Le chêne pédonculé ou Quercus robur L., 1753 (ici, “L., 1753” signifie que cette espèce a été décrite pour la première fois par Carl von Linné en 1753) est un arbre à feuillage caduc (il perd ses feuilles à l’automne) de la famille des Fagacées.

Les chênes sont des arbres très communs en France et en Europe et parmi les différentes espèces, le chêne pédonculé est le plus commun. 

Il est présent globalement partout en France et en Europe mais, sensible aux sécheresses, on ne le retrouve pas sur le pourtour Méditerranéen (Sud de la France et de l’Italie, grande majorité de l’Espagne et du Portugal). À l’Est, sa distribution va jusqu’à la Russie même si elle devient moins homogène dès lors que l’on arrive vers l’Ukraine et la Biélorussie. Il est également représenté uniquement au Sud des pays scandinaves. 

Le chêne pédonculé est gourmand en eau, il se plaît donc dans les endroits humides. Cela fait de lui un arbre particulièrement menacé par le réchauffement climatique. Il s'accommode d’une large variété de sols et peut se trouver aussi bien en forêts qu’en prairies. On ne le retrouvera par contre pas en montagne, sa répartition n’allant pas plus haut que 1300 m d’altitude. 

La plasticité écologique du chêne pédonculé (c’est-à-dire le fait qu’il s’accommode d’une grande variété d’habitats), particulièrement forte dans ses premières années de vie, en fait une espèce pionnière : c’est l’une des premières espèces d’arbre à s’implanter dans un écosystème “nouveau” (c’est à dire se restaurant après une perturbation ou changeant de caractéristiques, comme une prairie entretenue qui devient finalement abandonnée). 

C’est un arbre imposant, à l’âge adulte il peut faire jusqu’à 35 m de haut et 25 m de large. Sa silhouette générale présente un houppier (les branches au sommet du tronc) irrégulier et une cime en dôme. Il est facilement reconnaissable avec ses feuilles d’un vert foncé et lobées. 

On le distingue du chêne sessile (qui lui ressemble beaucoup et avec lequel il cohabite régulièrement) grâce à plusieurs petites choses. Les lobes des feuilles de chêne pédonculé sont moins réguliers que ceux du chêne sessile, donnant à la feuille un aspect plus “cartoon”. Les feuilles du chêne pédonculé ont aussi des “oreillettes” (des tous petits lobes) à leurs bases, alors que les feuilles du chêne sessile n’en ont pas. Enfin, le pétiole (la tige qui porte la feuille) est long chez le chêne sessile mais très court chez le chêne pédonculé. 

La floraison se fait autour d’avril-mai, avant la feuillaison (c’est-à-dire que l’arbre n’a pas encore retrouvé les feuilles perdues à l’automne), et chaque arbre porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles (on parle d’espèce monoïque). Les jeunes chênes ne fleurissent pas, il faut attendre que l’arbre ait 50-60 ans pour l’observer en fleur. 

Les chênes ne fructifient pas tous les ans, plutôt tous les deux ou trois ans. Les fruits, que sont les glands, arrivent à maturité autour de septembre-octobre. Ils sont ovoïdes et portés par un long pédoncule (d’où le nom de “chêne pédonculé”). Une cupule hémisphérique (ce qui ressemble à un petit chapeau) recouvre le quart supérieur du gland. Le mode de dispersion de ces graines est en partie assuré par les animaux qui s’en nourrissent et déplacent ainsi les glands (geai des chênes, dont on vous parlait ici, mais aussi micromammifères comme les mulots [1], ou encore le sanglier). On parle de dispersion “zoochore”. 

Comme les autres espèces de chêne, le chêne pédonculé peut vivre très longtemps, de 600 à 1000 ans. 

C’est l’une des espèces de chênes que l’on utilise beaucoup pour son bois, qui sert pour tout un tas de choses, comme la construction (charpentes, parquets, ébénisterie, escaliers...), la tonnellerie (tonneaux de vin et de cognac notamment), le chauffage ou encore la fabrication de papier. 

Le chêne joue également un rôle écologique important puisque, qu’il soit vivant ou mort, il sert d’abri et de nourriture à de nombreuses espèces d’insectes (en effet, rappelez-vous dans le guide naturaliste sur les insectes, nous avons évoqué l’importance du bois mort !), d’oiseaux, de mammifères, mais aussi aux lichens, aux champignons et à d’autres végétaux.

Le charme commun

Le charme, ou Carpinus betulus, est également l’un des arbres les plus communs en France. Il appartient à la famille des Bétulacées (comme les bouleaux ou encore les noisetiers). 

C’est un arbre que l’on retrouve dans toute l’Eurasie, jusqu’à la Russie à l’Est, dans les pays scandinaves au Nord et l’Iran au Sud. 

Le charme est souvent retrouvé en forêts avec d’autres essences comme le chêne (chênaie-charmaie) ou dans des forêts mixtes (c'est-à-dire, mélangeant des feuillus et des résineux). Il vit surtout en plaine. 

Il affectionne les zones de mi-ombre et les climats plutôt frais, c’est pourquoi il n’est pas ou peu présent dans le pourtour Méditerranéen. On ne le trouve pas non plus en montagne car sa distribution ne va pas au-delà de 1100 m d’altitude. 

Comme le chêne pédonculé, le charme a un feuillage caduc même si ses feuilles sont marcescentes (c’est à dire qu’une partie d’entre elles restent, sèches, sur l’arbre tout l’hiver). Ces feuilles mortes tombent juste avant l’apparition des nouvelles feuilles.

Il est plus petit que le chêne, puisqu’à l’âge adulte, il mesure “seulement” 20 m de haut. Il a une croissance très lente comparée à d’autres arbres. 

Le charme a une cime ronde ou ovoïde et des feuilles vertes ovales toutes dentées et gaufrées. C’est une espèce monoïque, on retrouve donc sur le même arbre des inflorescences mâles et femelles. Les fleurs mâles forment des “chatons” (inflorescence souple) qui pendent. Les fleurs femelles sont plus petites. 

Il fleurit et fructifie en avril-mai, juste après la feuillaison, tous les deux ans. Les fruits sont des akènes (des fruits secs, ne contenant qu’une seule graine) munis d’une bractée (pièce florale ressemblant à une feuille). Cette bractée trilobée joue le rôle d’ailette pour le fruit, qui est alors beaucoup plus facilement dispersé par le vent : on parle de dispersion anémochore. 

Il vit beaucoup moins vieux que le chêne puisque sa longévité n’excède pas 150 ans. 

Son bois est blanc et très dur. Cela en fait un bois difficile à travailler et cassant. On l’utilise ainsi très peu en construction mais c’est un excellent bois de chauffage : il se consume lentement et fournit de bonnes braises. Dans l’ancien temps, on s’en servait beaucoup pour fabriquer les jougs des chars à bœufs (ces pièces de bois qui attèlent la charrue aux bœufs). Il est aussi utile en cuisine pour les planches à découper et billots de bouchers. On s’en sert aussi pour faire de la pâte à papier. 

Le pin maritime

Le pin maritime, ou Pinus pinaster, est un arbre de la famille des Pinacées. C’est un conifère (arbre dont les graines sont portées par une structure en forme de cône). C’est un résineux, il produit donc de la résine. 

Le pin maritime est une espèce originaire du bassin Méditerranéen (péninsule ibérique, Sud de la France, zones côtières de l’Europe de l’Est (Slovénie, Croatie, Grèce, Turquie…) et Nord de l’Afrique) et se retrouve aujourd’hui sur quasi tout le territoire Français (sauf dans le Grand-Est). 

Étant donné son origine biogéographique, on se doute que c'est un arbre qui aime le soleil et la chaleur. Il supporte bien la sécheresse mais pas les gelées. Il n’aime pas les sols calcaires mais se satisfait des sols pauvres et sablonneux. 

Le pin maritime adulte mesure entre 20 et 30 m de haut. Il arrive à maturité à l’âge de 40-50 ans. Les jeunes pins sont de forme conique mais les plus vieux sont plus dégarnis, ils ont un long tronc nu et un houppier dispersé, plutôt plat et étalé.  

Chez le pin maritime, comme chez les autres conifères, les feuilles sont modifiées en aiguilles qui mesurent 10-20 cm de long. Elles sont épaisses, rigides et groupées par deux. Comme beaucoup d’autres résineux (mais pas tous !), le pin maritime est un arbre à feuillage persistant : ses feuilles ne tombent pas à l’automne. 

Le pin maritime, comme de nombreux conifères, ne fait pas partie des plantes à fleurs. Il ne produit donc pas de véritables fleurs. À la place, il produit des cônes mâles qui vont donner le pollen et des cônes femelles qui abriteront les graines. C’est une espèce monoïque, l’arbre porte donc des cônes mâles et femelles. La floraison a lieu en avril-mai. Les cônes mâles sont très petits (2 cm) et produisent énormément de pollen jaune. Les cônes femelles sont quant à eux beaucoup plus grands (10-18 cm de long). Ils sont de forme oblongue et constitués d’écailles. 

Les graines se trouvent à la base des écailles et sont libérées lorsque ces dernières s’ouvrent. Elles sont petites (< 1 cm de long pour 3 mm de large) et munies d’une grande ailette (3 cm) qui leur permet d’être disséminées par le vent (anémochorie). Le pin maritime fructifie dès sa deuxième année de vie et vit jusqu’à 100 ans.

C’est l’une des espèces d'arbres ayant un fort intérêt économique en France, surtout dans le Sud-Ouest (les fameux pins des Landes). Son bois est utilisé en construction (e.g. charpente) et en trituration (panneaux de bois recomposés, pâte à papier), mais son utilisation comme bois de chauffage est déconseillée. En effet, bois peu dense, il brûle très vite et a un faible pouvoir calorifique (peu de chaleur produite au prorata de la quantité de bois brûlé). De plus, il monte très haut en température ce qui peut représenter des risques pour les cheminées et poêles. Ses cônes et ses aiguilles constituent néanmoins de très bons allume-feux. Sa résine est quant à elle utilisée pour la fabrication de sirops, pastilles contre la toux et bonbons. 

L'érable plane

L’érable plane, ou Acer platanoides L. (pour Linné) est un arbre de la famille des Sapindacées (qui comprend également des espèces très exotiques comme le litchi !). C’est un feuillu au feuillage caduc. À l’automne, ses feuilles se teintent de jaune et rouge avant de tomber. 

C’est un arbre originaire d’Europe que l’on retrouve partout en Europe (de la Norvège à l’Espagne et la Russie) et en France sur tout le territoire. 

L’érable plane préfère les zones de mi-ombre et un climat assez humide. Dans le Sud de son aire de répartition, il a donc tendance à être retrouvé en basse et moyenne montagne (jusqu’à 1500 m d’altitude) alors qu’au Nord, il s’acclimate également bien en plaine. 

C’est un grand arbre pouvant mesurer jusqu’à 30 m de haut. Il a une forme plutôt en boule (houppier ovoïde) et est donc assez large à maturité (autour de 10 m). 

Ses feuilles sont grandes (15 cm), plates et palmées, et vertes foncées au-dessus alors que le dessous est plus clair. Elles ont 5 lobes pointus qui les font ressembler aux feuilles du platane, d’où son nom d’érable “plane” ou “platanoides”. 

Ses fleurs, qui apparaissent en avril-mai avant les feuilles, sont vert-jaunes, groupées en corymbes (c’est-à-dire que même si tous les pédoncules ne partent pas du même point, toutes les fleurs sont sur le même plan : les pédoncules ont des longueurs variables). Elles forment un petit bouquet. Ce sont des fleurs mellifères : elles produisent beaucoup de nectar et de pollen. L’arbre est alors tout couvert de jaune. 

Les fleurs deviennent ensuite des fruits qui sont des disamares (samare double, un samare étant un akène, c’est à dire un fruit sec ne contenant qu’une seule graine, comme nous l’avons vu plus haut) avec des ailes membraneuses, qui sont grandes, opposées l’une à l’autre et presque horizontales. Elles sont donc dispersées par le vent, c’est l’anémochorie. 

L’érable vit relativement longtemps : jusqu’à 200 ans et présente un bois clair, assez dur, qui est très utilisé en menuiserie et ébénisterie ou comme bois de chauffage. 

Le châtaignier

Le châtaignier commun ou Castanea sativa appartient à la famille des Fagacées (tout comme le chêne pédonculé et le hêtre). C’est un arbre majestueux possédant un feuillage caduc. À l’âge adulte, son houppier a une forme ronde et large.

On le retrouve dans toute l’Europe méridionale et presque partout en France et en Corse. Il est très probablement originaire d’Europe du Sud et a été dispersé par les humains pour ses nombreux usages.

Le châtaignier apprécie les climats doux que l’on retrouve sur les pourtours méditerranéens. Il ne s'établit pas au-dessus de 1000 m d’altitude car il craint les gelées tardives. Cet arbre peut devenir très grand (25-35m) et se distingue par ses longues feuilles alternes (20 cm) légèrement dentées et se terminant en pointe. 

Le châtaignier fleurit entre juin et juillet. Les fleurs mâles et femelles sont présentes sur le même arbre. Pour éviter l'autofécondation, les fleurs mâles et femelles d’un même arbre ne sont pas matures en même temps. Ainsi la fécondation par un autre membre de l’espèce se fait grâce aux insectes et au vent (zoogamie et anémogamie). On peut récolter ses fruits à partir du mois d’octobre. Mais attention, les châtaignes sont dissimulées dans des bogues (enveloppes vertes et épineuses) qui peuvent piquer et dissuader les prédateurs de les consommer. 

Cette espèce d’arbre est aussi particulièrement remarquable pour sa longévité. En effet, les châtaigniers peuvent atteindre 500 voire 1000 ans. Un spécimen exceptionnel localisé en Sicile est même âgé d’environ 3000 ans !

Au-delà des délicieuses châtaignes que nous mangeons à l’automne, cet arbre à croissance rapide est aussi très apprécié pour son bois (menuiserie et autrefois en tonnellerie). Grâce à ses fleurs mellifères, les abeilles peuvent produire du miel de châtaignier connu pour son goût intense et sa couleur brune. 

Le hêtre

Le hêtre commun Fagus sylvatica est aussi un membre de la famille des Fagacées. C’est un grand arbre qui peut atteindre les 40 m de hauteur et qui possède un feuillage caduc.

Le hêtre commun est présent dans une grande partie de l’Europe (jusqu’au Sud des pays scandinaves et jusqu’au Nord du Portugal). On le retrouve aussi sur le pourtour méditerranéen mais uniquement dans les hauteurs. Il affectionne particulièrement les climats tempérés humides de plaine et moyenne montagne et préfère les sols frais. 

L’allure générale du hêtre commun peut varier en fonction de l’habitat et de l’action humaine. En effet, s’il se développe en forêt il sera élancé avec un houppier fin. Au contraire, s'il s’établit isolément il aura tendance à être plus petit mais le houppier sera large avec des branches très étalées. Ses feuilles sont alternes, brillantes et ovales. Elles mesurent entre 6 et 10 cm de long. 

Cet arbre atteint sa maturité sexuelle à 40 ans, ainsi il ne fructifie pas avant. Sa floraison a lieu en avril-mai. Les fleurs mâles et femelles sont présentes sur le même rameau et se développent en même temps que les feuilles. Ces fleurs sont petites, formant des glomérules (amas denses de plusieurs fleurs), et peuvent passer inaperçues. 

S’il y a eu fécondation, alors la fructification aura lieu en août et septembre et produira un fruit appelé faine. Elles peuvent être consommées par les humains (en petite quantité) et sont très appréciées par la faune forestière comme les sangliers par exemple. 

Le hêtre vit en moyenne 150 ans et exceptionnellement peut atteindre les 400 ans.

Les humains utilisent le bois de hêtre dans l’ameublement mais surtout pour du bois de chauffage. Les faines ont aussi leur utilité, elles sont riches en matières grasses et donc peuvent être pressées pour en faire de l’huile comestible. Cette huile était aussi utilisée pour l’éclairage.

Le frêne

Le frêne commun ou Fraxinus excelsior est un grand arbre au feuillage caduc appartenant à la famille des Oléacées (comme le jasmin).  

Cette espèce est présente dans toute l’Europe jusqu’au Sud des pays scandinaves et au Nord du Portugal et de l’Espagne, ainsi que dans une partie de l’Asie. Il est aussi très présent en Angleterre et sur les pourtours de la mer noire. On ne le retrouve pas dans la région méditerranéenne car cette espèce est sensible à la sécheresse.

Il affectionne les terrains frais et humides comme le fond des vallées et peut vivre en montagne jusqu'à 1500 m d’altitude. 

Ce sont en général, de grands arbres pouvant atteindre les 45 m de hauteur. Les frênes sont d’allure élancée (étroits et allongés). Cette espèce est dioïque (un arbre est soit mâle, soit femelle) mais on rencontre parfois des individus monoïques. La floraison se déroule entre mars et avril, les feuilles apparaissent plus tard. Les feuilles de frêne sont grandes (entre 20 et 40 cm), vert foncé et opposées. Le frêne peut produire une grande quantité de pollen et générer des allergies. Après fécondation, les fleurs vont donner des fruits aplatis arborant une aile membraneuse allongée. Ce type de fruit, appelé samare, permet une dissémination efficace par le vent. Le hêtre peut vivre entre 150 et 200 ans.

Son bois peut être utilisé comme bois de chauffage mais aussi en tant que manche d’outils, d’armes ou pour des articles de sports (lances, arcs, avirons, skis) car il offre des propriétés mécaniques particulières : une très bonne résistance aux chocs et vibrations et une grande élasticité. Ses feuilles ont des propriétés médicinales reconnues scientifiquement. En effet, elles sont anti-inflammatoires et diurétiques.   

L'épicéa

L’épicéa commun ou Picea Abies (ou encore Picea excelsa) est un arbre résineux de grande taille (pouvant dépasser les 50 m). 

On le retrouve principalement dans les montagnes de l’Ouest de l’Europe (Alpes, Jura, reliefs allemands, zone septentrionale), il est aussi très présent en Scandinavie. Il semblerait être originaire des Carpates roumaines. Si on le rencontre fréquemment dans le Massif Central, c’est parce qu’il y a été introduit pour des activités forestières.

L’épicéa commun apprécie les climats humides et supporte la sécheresse de l’air si le sol est frais. Il est très résistant au froid, on le retrouve même au nord du cercle polaire arctique où les gelées à -40°C ne sont pas rares. Il est présent jusqu’à 2000 m d’altitude.

Ce très grand conifère à l’allure élancée et conique possède des aiguilles pointues et vert foncé mesurant 1-2 cm. Elles vivent 5 à 7 ans et sont remplacées au fur et à mesure, conférant à l’épicéa un feuillage persistant. Il est fréquent de le confondre avec des « vrais » sapins. Un indice pour reconnaître un épicéa se trouve dans la couleur de son écorce rouge riche en résine, ce qui n’est pas le cas chez les sapins. De plus, ses cônes sont pendants contrairement aux sapins qui arborent des cônes dressés et plus arrondis. Cette espèce est monoïque : les cônes mâles et femelles sont présents chez chaque individu. Une fois atteint la maturité sexuelle (à 50 ans !) l’épicéa fructifie tous les deux à huit ans. 

L’épicéa peut vivre entre 300 et 400 ans. Cet arbre est principalement utilisé pour son bois blanc, résistant et facile à manipuler. Pour cette raison, on le retrouve fréquemment dans les charpentes. Il possède aussi des bonnes qualités de résonance et est donc utilisé dans la confection de violons, tables d’harmonies ou encore tuyaux d’orgue. 

Le sapin blanc

Abies alba (ou Abies pectinata) est un conifère de la famille des Pinacées. C’est un arbre à feuilles persistantes, elles ne tombent donc pas à l’automne.

Très commun en Europe, il est l’un des principaux résineux dans tout l’étage montagnard. En France, on peut le trouver dans toutes les zones montagneuses telles les Alpes, le Jura, les Pyrénées, le Massif Central mais aussi en Bretagne ou en Normandie.

Le sapin blanc se rencontre très rarement isolé. Il est présent de 400 à 1800 m d’altitude et affectionne particulièrement les environnements où l’humidité de l’air est importante. Classiquement, il peuple l’ubac (versant des montagnes le moins ensoleillé, souvent orienté Nord).

C’est un très grand arbre qui aisément peut atteindre les 60 m. Il est reconnaissable par son port très droit et la couleur argentée de son tronc. La cime est d’abord droite et pointue chez les jeunes arbres puis devient plus arrondie en vieillissant jusqu’à donner une forme dite « en nid de cigogne » c’est-à-dire ovale et très étalée. Le tronc est lisse, gris-argenté et n’est craquelé que chez les vieux arbres. 

Les feuilles ou aiguilles sont plates et non piquantes. À la base du rameau, elles sont implantées tout autour de la tige avant de se placer sur deux rangées de part et d’autre comme les dents d’un peigne. Sur les rameaux proches de la cime, les aiguilles sont moins alignées et semblent plus en brosse.

Les branches et les plus petits rameaux sont placés horizontalement.

Les cônes femelles se développent sur les rameaux de l’année, près de la cime puis maturent pendant une année complète. Ils deviennent alors de grands cônes, cylindriques, dressés sur le dessus des rameaux. À l’automne ces cônes se désarticulent et laissent échapper les graines, sortent de grandes écailles ailées, qui tombent alors au sol.

Le sapin blanc ne commence à produire des cônes qu’à partir de 30 ou 40 ans et peut vivre plusieurs centaines d’années (jusqu’à 600 ans selon les hautes estimations).

Le saule blanc

Le saule blanc, Salix alba, est un arbre caduc de la famille des Salicacées. Il est le plus grand des saules (arbres du genre Salix) avec une taille maximale de 25 m.

On le trouve partout en France mais son aire de répartition couvre tout le Nord de l’Europe et de l’Asie. C’est une espèce pionnière, comme le chêne vu plus haut, (c’est-à-dire qu’elle est parmi les premières espèces à coloniser un milieu récemment apparu) qui peut vivre une centaine d’années.

Très commun, il peuple les environnements humides et frais et tout particulièrement les bords de rivières en basse altitude. Il est toutefois rare en forêt où la compétition pour la lumière lui est défavorable.

Le saule blanc a un port érigé droit avec des branches dressées. Les feuilles, caduques, font de 5 à 12 cm de long. Elles sont fines, étroites et en forme de lance légèrement dentelées. Elles sont recouvertes d’une fine couche de soies, plus importante sur la face inférieure, qui leur donne cette couleur légèrement blanche à argentée. 

Les fleurs apparaissent d’avril à mai. Le saule blanc est dioïque (les deux sexes sont présents en des organes différents sur le même arbre). Le saule produit ainsi des fleurs femelles et des fleurs mâles, groupées en chatons sur des rameaux aux feuilles courtes et non dentées. Les chatons mâles sont grêles et arqués et présentent de nombreuses petites fleurs. Les fleurs femelles, disposées sur des chatons plus courts, possèdent un seul ovaire qui se transformera, après fécondation, en capsule formée de deux valves qui libéreront les graines. Ces dernières sont dotées de nombreux poils blancs qui leur confèrent un aspect cotonneux.

Son tronc est court et massif. L’écorce du saule, assez claire, prend une teinte vert-grisâtre en vieillissant et des fissures apparaissent également.

Les saules sont parfois taillés en « têtard », c’est-à-dire qu’ils sont étêtés et taillés régulièrement pour stimuler la pousse de jeunes branches. Ces branches très souples sont alors utilisées pour la vannerie (elles servent à la confection d’objets en osier comme des paniers). Le bois est également utilisé en menuiserie ou pour la sculpture car facile à travailler.

Le merisier

Le merisier, Prunus avium, aussi appelé cerisier sauvage ou cerisier des bois, est un arbre à feuillage caduc de la famille des Rosacées. Avec Prunus cerasus, il est l’un des deux cerisiers sauvages à l’origine des variétés de cerises que l’on cultive actuellement.

Présent partout en France, son aire de distribution s’étend sur toute l’Europe, l’Asie et l’Ouest africain. Il est également cultivé dans toutes les régions tempérées du globe. Le merisier se retrouve en milieu forestier, éparpillé au milieu des autres essences d’arbres. C’est un arbre qui requiert beaucoup de lumière. C’est un grand arbre, pouvant atteindre 25 à 30 m, à fût droit et cylindrique. Il peut vivre jusqu’à 100 ans. Son écorce est assez claire et a tendance à se déchirer en lanières horizontales ce qui lui donne un aspect zébré très caractéristique.

Les feuilles sont grandes, elliptiques et dentées. Elles possèdent des poils fins sous les nervures principales et deux petites glandes rouges à la base du limbe qui sont productrices de nectar. Les fleurs apparaissent d’avril à mai et sont groupées en petits bouquets sur le bord des rameaux. Elles sont blanches, pédonculées et possèdent 5 pétales. La pollinisation est principalement assurée par les insectes qui visitent volontiers les fleurs au printemps.

Après la fécondation les fruits apparaissent au milieu de l’été. Ils ressemblent à des cerises pâles avec un long pédoncule. Ces « merises » sont comestibles mais leur goût est amer.

Le bois de merisier est très apprécié en menuiserie. Il offre une couleur brun rosé assez claire et est un bois solide et recherché pour la confection de meubles.

L'alisier torminal

L’alisier torminal (Sorbus torminalis) est un grand arbre caduc de la famille des Rosacées (comme l’aubépine, les fraises, les mûres, le pommier… ou le merisier, vu plus haut) d’environ 20 à 25 m de haut voire 30 m en forêt. Sa longévité pourrait atteindre les 300 ans d’après les plus grands spécimens répertoriés.

Il est présent dans toute l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Asie mineure.

C’est un arbre qui s’accommode de nombreux sols, même pauvres, tant calcaires qu’argileux, mais pousse lentement. Bien qu’on puisse le trouver en pleine forêt, il pousse volontiers en lisière, en bord de clairière ou dans toute trouée créée par la chute d’un arbre. C’est une espèce peu abondante en forêt. On le retrouve souvent associé à de gros chênes, hêtres ou charmes, en pleine ou basse montagne.

L’alisier possède une écorce gris-brun qui est fortement fissurée et qui s’exfolie. 

Ses feuilles d’un vert foncé possèdent un long pétiole. Longues d’une dizaine de centimètres et presque aussi larges, elles sont largement ovales, tronquées à la base et ont de 5 à 7 lobes de tailles inégales et dentés. Elles évoquent vaguement les feuilles de l’érable et du platane ou pour les plus imaginatifs, la forme d’une grenouille aplatie !

L’alisier torminal fleurit de mai à juin. Il est hermaphrodite et produit des corymbes de petites fleurs blanches d’un centimètre de diamètre environ, avec de grandes étamines. Ces fleurs sont très appréciées des insectes qui les pollinisent.

Les fruits apparaissent à partir de septembre et sont appelés les alises. Ce sont de petites drupes ovoïdes d’environ 15 mm de diamètre rouges puis brunes à maturité. Il peut être consommé blette (c’est-à-dire après avoir gelé) et sert à la confection d’eau-de-vie. De nombreux animaux apprécient également ses fruits comme les oiseaux ou certains mammifères et participent ainsi à leur dispersion (zoochorie). 

Le bois de l’alisier torminal est un bois lourd, dur et très dense. Pourtant, il se travail très bien et est très stable. C’est pourquoi il est assez recherché et s’utilise pour la confection de violons, la marqueterie, la sculpture ou la gravure.

Pourquoi et comment planter une haie arborée ?

Vous ne le savez peut-être pas mais une haie ingénieusement plantée peut représenter un atout pour la biodiversité. On vous dévoile les bienfaits des haies pour l’environnement mais aussi quelques astuces pour optimiser leur efficacité.

Quelle est l'utilité d'une haie ?

Avant toute chose, on doit vous dire qu’il existe une ribambelle de types de haie (bocagère, mellifère, champêtre, libre, coupe-feu, vive) et qu’elles ont chacune des fonctions bien spécifiques. Dans cet article, on va s’intéresser essentiellement aux haies qui ont un impact positif très important sur la biodiversité mais gardez en tête qu’il en existe plein d’autres (des détails ici).

Dans l’imaginaire collectif, une haie sert principalement à délimiter une propriété tout en se protégeant du regard de voisins trop curieux. En réalité, elles peuvent faire BEAUCOUP plus que ça. 

Les haies permettent de limiter la fragmentation de l’habitat en créant des corridors biologiques. Ce sont des petits espaces protégés de l’impact humain où la biodiversité peut s’épanouir, circuler et se réfugier. En effet, de nombreuses espèces faisant partie de la microfaune (renards, petits oiseaux, lézards, grenouilles, limaces, araignées et insectes) ont besoin des haies pour continuer de circuler dans des zones où les humains se sont établis. Faire le choix d’investir dans une haie arborée plutôt qu’un grillage dans son jardin est donc un geste éco-citoyen accessible permettant d’améliorer la vie de la biodiversité locale.

Les étapes clés pour obtenir une haie arborée

Cependant, si l’on veut que cette haie soit bénéfique pour la biodiversité, il y a quelques règles d’or à respecter.

Les différents types d'arbres

Pour composer une haie agréable pour la microfaune, il est important qu’elle contienne des végétaux de différentes tailles. On parle d’arbres de haut jet (de 10 à 20 m), d’arbres de cépée (de 3 à 8 m) et d’arbustes (plus petits que 3m et avec des branches partant de la base du tronc). Si vous souhaitez créer une haie dans votre jardin vous opterez sans doute pour des arbres de taille raisonnable, donc pour des arbres de cépée et des arbustes. 

N’oubliez pas qu’en hiver les espèces caduques se retrouvent nues (par définition), si vous souhaitez garder un effet brise-vue tout au long de l’année il faudra ajouter des espèces à feuillage persistant.

Choisir des espèces locales voire endémiques

Le choix des espèces présentes dans la haie est crucial et va (en partie) déterminer sa fonction. Néanmoins, il y a deux règles à respecter, peu importe le type de haie que vous souhaitez. Il faudra 1) choisir des espèces locales et 2) favoriser la diversité. 

Les espèces naturellement présentes dans votre région sont adaptées aux conditions environnementales de ce lieu, ce qui signifie qu’elles ont plus de chance de s’y épanouir et qu’il y aura moins d’entretien. Elles se fondront dans le paysage. 

On ne le répètera jamais assez mais la diversité, c’est la clé (on en parlait ici) ! Alors on essaye au maximum de sélectionner une grande diversité d'espèces, ce qui facilitera la vie d’une plus grande variété d’organismes de la microfaune. Par exemple : des conifères pour les oiseaux granivores, des arbres à fleurs pour les insectes pollinisateurs, des grands fruitiers pour faire de l’ombre et récupérer leurs précieuses productions etc. De plus, en cas de maladie, elle ne pourra pas se propager à l’intégralité de la haie mais sera cantonnée à l’espèce infectée. 

Composer et dessiner sa future haie

Cette étape de visionnage est plus importante que ce qu’on pourrait croire a priori. En dessinant (et en respectant les échelles) sa future haie, on appréhende mieux le nombre d’arbres qui seront nécessaires et on gagne du temps le jour de la plantation. 

Il est nécessaire d’alterner les différentes espèces, de planter sur 2 rangs et en quinconce.

S'approvisionner chez un pépiniériste local

Encore une fois, on essaie de se procurer les végétaux dont on a besoin chez des producteurs locaux. Ce sont des mines d’or d’informations très précieuses. Ils ou elles pourront vous guider dans le choix des espèces pour votre haie et vous donner des conseils précis et spécifiques à votre région pour maximiser vos chances d’avoir une haie en bonne santé. 

Lancez-vous dans la plantation !

Après toute cette réflexion, vous pouvez passer à l’action et commencer à planter votre haie. Pour un tutoriel pas à pas et détaillé de la plantation de haie arborée n’hésitez pas à consulter ce guide ooreka.

Comment valoriser ses bois morts ?

Après avoir parlé d’arbres bien vivants et de leurs intérêts écologiques, nous pouvons maintenant nous intéresser aux bois morts et à comment les valoriser. Car même morts, les arbres sont des ressources très intéressantes et sont importants pour la nature ! 

Les bénéfices du bois mort

En effet, l’ONF (l’Office National des Forêts) elle-même a une politique de gestion du bois mort en forêt et reconnaît son intérêt écologique. C’est pour cela que lorsque l’on se promène, on peut observer du bois coupé laissé au sol ou des arbres morts laissés sur pieds. La règle prévoit de laisser au moins 1 arbre mort ou sénescent (c’est-à-dire, vieillissant) par hectare. Plein d’informations à ce sujet sont disponibles dans ce guide de l’ONF. 

Au sol, le bois mort va se décomposer et enrichir le sol (en formant de l’humus), tout en servant de nourriture et d’abris à tous les décomposeurs du sol. Sur pied, un arbre mort va aussi servir de refuge à des insectes, des champignons, des amphibiens, des oiseaux et d’autres petits mammifères (par exemple, les chats forestiers utilisent les structures en bois mort comme sites de repos,  Jerosh et al. 2010, ou encore, certaines chauves-souris utilisent les cavités dans les troncs). Il est estimé que 25% de la biodiversité forestière dépend de la présence de bois mort. 

Bon d’accord, mais on ne gère pas tou·te·s des forêts, alors sommes-nous concernés par la gestion du bois mort à notre échelle individuelle ? Bien sûr ! Voyons ensemble ce que nous pouvons en faire. 

Tout d’abord, à l’image de l’ONF, nous pouvons laisser des arbres morts sur pieds dans nos jardins. Les oiseaux iront y nicher, la biodiversité sera favorisée et cela nous aidera aussi en permettant l’accueil d’insectes auxiliaires. L’arbre peut être laissé en l’état ou bien on peut s’en servir pour qu’il serve de tuteur à une plante grimpante si l’on souhaite l’habiller. 

Quelques vérifications avant de vous lancer dans l'aventure

Il faudra néanmoins veiller à ce que ces arbres ne représentent pas de danger pour nous. Car il est vrai qu’un arbre mort a plus de chances de s’écrouler qu’un arbre vivant. Pour cela, des vérifications simples pourront être faites, notamment après de fortes pluies ou tempêtes. 

D’abord, on peut éviter d’aller se balader sous l’arbre en question. Ensuite, on peut le surveiller. On vérifiera notamment s’il est sain : c'est-à-dire, non parasité ou rongé par des insectes xylophages ou des champignons. Il faudra tester sa solidité en le sondant (mécaniquement ou grâce à des ondes sonores, auquel cas on fera appel à des professionnels). On pourra enfin le tailler et enlever ses branches, qui représentent une plus grosse prise au vent et le rendent ainsi plus sensible au déracinage lors de tempêtes ou fortes intempéries. 

Si jamais votre arbre mort représente un trop grand risque pour être laissé sur pied, il faudra l’abattre (en étant prudent aussi !). Mais on pourra quand même lui trouver une utilité ! Tout d’abord, bien sûr, comme bois de chauffage ou pour le barbecue. 

Les différentes utilisations possibles du bois mort

On pourra aussi faire des tas de bois avec les branches dans le jardin, pour rendre son jardin insecte-friendly (on vous en dit plus à ce sujet ici). Ces tas de bois serviront aussi d’abris à des petits mammifères et autres organismes. 

On pourra récupérer le bois pour fabriquer diverses choses, comme des objets de décoration (par exemple, un arbre de noël eco-friendly, un porte bijoux, un porte manteau, une lampe...internet regorge d’idées !), des meubles ou encore un salon de jardin en tronc d’arbre. 

Au potager, on pourra enterrer des morceaux de bois pour aider à favoriser la vie dans le sol et/ou à restaurer la qualité du sol. Broyé, il servira de paillage à nos plantations. En permaculture, on pourra l’utiliser au sein d’une butte dans laquelle il servira à retenir l’eau et à enrichir le sol en se décomposant. On pourra aussi utiliser les branches comme tuteurs. 

Au compost, ajouté tel quel entre les couches ou bien en copeaux, il permettra d’aérer et de favoriser l’oxygénation. 

En conclusion, voyez le bois mort comme une ressource et non un déchet ! 

Pour aller plus loin

Agir pour la nature au jardin. David Melbeck, Sylvain Leparoux. Editions La Salamandre – Les guides pratiques. (ISBN: 9782889584000)

L’Oasis. Simon Hureau. DARGAUD Editions. (ISBN-13 978-2205085808)

Sources

[1] den Ouden et al. (2005) Jays, Mice and Oaks: Predation and Dispersal of Quercus robur and Q. petraea in North-western Europe in Seed fate: predation, dispersal and seedling establishment. Forget, Lambert Hulme & Vander Wall (Eds.). pp. 223-239. 

Ressources communes pour les différentes espèces d'arbres : Tela Botanica , aujardin.info , Wikipedia , ONF , IUCN red list of species , Inventaire national du patrimoine naturel - Muséum d’Histoire Naturelle, Bmédia, Biologie et Multimédia - Sorbonne Université - UFR des Sciences de la Vie, Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, Institut National de l’information géographique et forestière 

http://nature.jardin.free.fr/arbre/ft_carpinus_be.html

https://www.waldwissen.net/fr/habitat-forestier/arbres-et-arbustes/feuillus/ecologie-et-histoire-du-hetre?L=2

Ooreka

Temps de travail commun : 81h
Auteurices : Élodie Portannier, Vincent Lhuillier & Salomé Bourg
Illustratrice : Lisa Nicvert

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